Catherine Fournier

Catherine Fournier, une étoile filante

POINT DE VUE / Mme Fournier, vos constats et réactions aussi impulsifs qu’incompréhensifs des derniers jours à l’endroit du Parti québécois, votre propre parti, ne trahissent-ils pas votre manque d’expérience de jeune politicienne en devenir?

Sinon, qu’est-ce qui autrement explique réellement votre motivation d’avoir tourné le dos à la crèche? Vous avez tout à coup compris que la recherche de l’indépendance du Québec ne représentait plus une option envisagée pour la majorité des Québécois!

N’est-ce pas vous, Mme Fournier, qui avez récemment déclaré haut et fort avoir fait le constat «que les Québécois ont tourné la page sur le Parti québécois, mais non pas sur la souveraineté qui continue de faire rêver et de susciter de l’espoir»? Selon vous, «le Parti québécois est en descente inexorable depuis 25 ans. Il suscite un blocage auprès des jeunes qui ne se reconnaissent pas dans ce parti-là». Du coup, vous concluez ne pas avoir l’intention de former un nouveau parti politique. Pourquoi alors Mme Fournier avoir décidé de représenter le Parti québécois en octobre 2018? L’unique parti qui porte, depuis René Lévesque, les couleurs de l’indépendance ou de la souveraineté du Québec. Dès lors, vous deviez bien savoir dans quel bateau vous seriez appelée à ramer!Étonnamment, même M. Gaétan Barrette, député libéral, à l’instar de M. Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois, remet en cause votre légitimité. Vous risquez de passer aussi rapidement qu’une météorite dans le paysage politique, si vous continuez de croire être la seule «à dire tout haut ce que le monde pense tout bas» et à espérer rassembler avec votre attitude actuelle. Comme pour n’importe lequel parti politique, le rassemblement dont a besoin le mouvement souverainiste passerait davantage par la recherche de solutions pour se reconstruire une santé.

Néanmoins, vous possédez toutes les qualités d’une étoile filante, vous savez... ou à peu de chose près. Peut-être juste vous donner le temps d’apprendre à créer des alliances pour favoriser les échanges, pour faire évoluer vos idées et celles des autres. Cela nécessite, certes, une intelligence émotionnelle, voire le contrôle de ses émotions, de prendre du recul pour mieux évaluer les opportunités, les risques et les enjeux. Pas facile la politique? Non. Mais il y a de l’espoir. Le sens politique, ça se développe. À vous de jouer maintenant, car nous sommes encore nombreux à croire en vous.