Cartes-cadeaux des chefs

Ces temps-ci, le bon père Noël consulte la fée des glaces et les petits lutins pour trouver des cadeaux à offrir à nos dirigeants politiques qui n’ont pas été toujours sages. Comme ils n’ont rien suggéré, le père Noël devra se rabattre sur des cartes-cadeaux.

À Philippe Couillard, qui semble le concurrencer au niveau des cadeaux, il offrira une carte-mémoire à court terme dont la particularité est de faire oublier un passé ténébreux pour se concentrer uniquement sur un présent rempli de belles promesses électorales. Le tout accompagné d’une trousse de produits de transformation extrême qui lui permettra de modifier son image en tabarnouche.

Quant à lui, Jean-François Lisée recevra une carte-dicton qui se lit comme suit : «À force de se laisser séduire par le chant des sirènes, on se retrouve le bec à l’eau.» Pour l’aider à émerger des flots de l’indifférence, le bon père Noël lui fera cadeau également d’une carte dite de seconde chance qui pourrait lui permettre de refaire une nouvelle première impression auprès de l’électorat.

Pour François Legault, on remplacera la carte électorale par une CAQ-électorale conditionnelle au fait qu’il puisse éviter les pièges d’une contradiction inhérente à ses prises de position. Il recevra également une carte sourire pour améliorer le côté ennuyant de sa personnalité ainsi qu’une cure de rajeunissement pour que sa formation politique ne soit pas identifiée au «vieux parti» dont il est issu.

Pour ce qui est de Québec solidaire, dont les membres croient encore au père Noël, le parti aura accès à une carte du ciel qui propulsera ses deux porte-parole dans un voyage autour d’un programme politique issu d’une galaxie proche de l’impossible. Cependant, on a appris que pour des raisons idéologiques, le parti refuserait ce cadeau sous prétexte que le père Noël s’affuble d’un costume rouge néolibéral et que sa compagne ne porte pas le nom de mère Noël des glaces.

Enfin du côté fédéral, Justin Trudeau sera le récipiendaire d’une carte-miroir avec un hologramme à son image qu’il pourra mirer à sa guise. On aurait pu lui offrir également une carte d’excuses qu’il aurait pu utiliser avec une carte-Kleenex, en immortalisant le tout avec une carte-Kodak.

Marcel Perron, Neuville