Carrefour des lecteurs

Les vrais enjeux

La campagne électorale provinciale va bon train. Les chefs font la tournée des régions, tentant de s’attirer les votes des électeurs par des promesses souvent un peu déconnectées de la réalité. Plusieurs dénonciations d’actions répréhensibles de candidats viennent faire dévier la campagne de ses vrais enjeux. Comment comprendre qu’un parti ne connaisse pas les squelettes cachés d’un candidat ou d’une candidate?

Comment comprendre qu’une personne se présente pour un parti avec de tels squelettes? Les enjeux sont très nombreux, que ce soit en santé, en éducation, en réformes sociales, en transports, en contrôle des dépenses et bien d’autres encore. 

Et pourtant il en est un qui semble passer sous silence et qui devrait occuper presque toute la place: l’environnement. De nombreux reportages télévisés nous montrent à quel point la terre se détériore: les nombreux déchets retrouvés dans les océans ou dans le corps de poissons morts, la fonte rapide des glaciers dans le Grand Nord, le réchauffement de la planète et tous les dérèglements que cela emmène. 

Dernièrement, on nous rappelait que l’on extirpe de la terre 1,7 fois ce qu’elle devrait nous donner. À ce rythme, combien de temps encore espérons-nous survivre? Il y a urgence en la demeure et c’est à cela qu’il faudra s’attaquer en priorité.

Michel Giroux, Québec

Carrefour des lecteurs

Croisières et poussières

On annonçait il y a quelques semaines des investissements importants pour doubler le nombre de croisiéristes dans le secteur de la Pointe-à-Carcy.

Espérons qu’on a prévu une stratégie pour protéger tous ces visiteurs d’un potentiel nuage toxique (par exemple, de la poussière rouge) qui se dirigerait malencontreusement dans leur direction plutôt que vers le secteur Limoilou-Maizerets. Un frein potentiel mais réel au développement d’une activité hautement rentable pour toute la région.

À cet égard, n’est-il pas temps d’avoir une loi obligeant l’entreposage «sous couvert» de tout vrac solide situé en zone urbaine? Ce concept avait même été retenu en 2017 par l’administration du Port de Québec dans son projet Beauport 2020 (page 3-15).

Mais par-dessus tout, cela permettrait d’éliminer certains irritants affligeant celles et ceux qui habitent en permanence près de ces dépôts, tel qu’illustré dans le récent documentaire Bras de fer des frères Seaborn.

Rappelons que l’espérance de vie des gens de la basse-ville de Québec est inférieure de sept ans à celle des habitants des quartiers limitrophes tout en générant des coûts élevés de santé que doit assumer toute la population.

En cette période électorale, il importe que tous les partis politiques s’accordent enfin pour résoudre ce problème plutôt déshonorant.

Jacques H. Lachance, Québec

Carrefour des lecteurs

Une femme d’exception

Une figure prédominante du droit et de la cause des femmes nous a malheureusement quittés. La mère du Québec moderne, la femme d’exception, celle qui a pavé la voie au féminisme, Lise Payette a rendu l’âme à 87 ans.

Personnellement, je la connais davantage comme politicienne, celle qui a fait partie de l’équipe du tonnerre de René Levesque. Élue pour la première fois le 15 novembre 1976 comme députée de Dorion, elle accéda au Conseil des ministres comme ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières. Seule femme autour de la table, le premier ministre lui confie la tâche de ministre d’État à la condition féminine. C’est dans ce rôle qu’elle étend l’accès aux garderies, supervise une réforme de la famille et réussit à faire financer les centres d’aide aux femmes victimes de violence.

Cette femme d’audace et de détermination voulait réveiller le monde et, en mettant souvent les poings sur la table à sa façon, elle a réussi à faire tomber des barrières.

Je me souviens d’une de ses phrases favorites qu’elle envoyait aux hommes qui n’étaient pas d’accord avec ses prises de position féministes: si les hommes veulent que je change mon opinion sur eux, ils n’ont qu’à changer pour le mieux.

Jocelyn Boily , membre du PQ depuis 1968, Québec

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Le départ du grand Gilles

Le grand comédien Gilles Pelletier nous a quittés. Il a été à l’origine des débuts de notre télévision et de notre théâtre. La famille Plouffe, Cap-aux-Sorciers, Cormoran, L'Héritage et tout le reste. Il était aussi un amant de notre Saint-Laurent qu’il respectait au plus haut point. Il était un ami de mon père et je me souviens qu’enfant, nous le visitions sur son voilier La Turlutte.

Peu de gens se souviennent qu’il avait joué dans le tout premier télé-théâtre original canadien-français diffusé en direct sur les ondes de Radio-Canada, le 24 octobre 1952, et intitulé L’Île-aux-Pommes, un scénario de Guy Dufresne. 

Il me disait lors d’une conversation en 2014 que de jouer ce télé-théâtre avait été pour lui une source de bonheur. Homme généreux et amoureux de son Québec, il a tracé un sillon de bonheur pour notre culture et notre richesse québécoises.

Gaston Déry, Québec

Opinions

Le plus bas soumissionnaire

La règle du plus bas soumissionnaire a fait son chemin jusqu’à la campagne électorale. En effet, son abolition se trouve dans le programme de QS. Cette idée d’abolition présuppose qu’accorder un contrat au plus bas soumissionnaire constitue une probabilité de collusion, d’ouvrages de mauvaise qualité et de risque pour la sécurité publique. Aucune étude sérieuse ne démontre qu’il y a intérêt à abolir cette méthode. L’expérience de plus de 30 années de conception et de réalisation d’ouvrages d’infrastructures publiques permet d’affirmer que le choix de l’entrepreneur qui a présenté la plus basse soumission est la règle qui représente le moins d’inconvénients.