Vote de confiance

Comme membre-fondateur du Bloc en 1991 et comme ancien député entre 1993 et 2003, je me sens très triste aujourd’hui devant cette nouvelle crise au sein du parti mais, en même temps, je ne suis pas surpris, car il a toujours existé deux tendances au sein du parti. Certains priorisent la défense des intérêts du Québec à la promotion de la souveraineté et d’autres l’inverse.

De mon temps, les deux groupes s’entendaient pour travailler ensemble pour l’intérêt de la cause et mettaient de côté leur différend sur les façons de faire. Ces deux tendances existaient et existent encore aussi au sein du Parti québécois. J’espère que les membres du bureau national auront le réflexe de consulter les membres. Un vote de confiance envers la chef actuelle devrait être envisagé, même s’il devait s’effectuer à distance. 

Selon moi, Martine Ouellet n’a pas nécessairement tort de vouloir réviser l’approche stratégique du Bloc, car le contexte actuel est différent de celui où je siégeais comme député. Mais je lui rappellerais qu’il est parfois possible d’avoir tort dans la façon dont on a raison et que le changement doit se faire par étape et avec toutes les forces en présence, notamment les députés qui ont été élus par la population de leur circonscription. Si elle gagnait ce vote de confiance, son leadership serait renforcé. 

Je ne fais pas partie des signataires d’une lettre des anciens députés du Bloc, parce que je considère que c’est maintenant l’affaire des membres actuels du Bloc, qui incluent aussi les députés démissionnaires.

Antoine Dubé, député du Bloc québécois dans Lévis de 1993 à 2003