Pierre Karl Péladeau et la première ministre Pauline Marois

Vos réactions à la candidature de Pierre-Karl Péladeau pour le Parti québécois

PKP et le «mystère Québec»
PKP et le «mystère Québec»
L'arrivée de Pierre Karl Péladeau sur la scène politique québécoise soulève de nombreux commentaires. Toutefois, l'un d'entre eux, à peine effleuré, concerne l'influence que pourrait exercer l'élection éventuelle de PKP au sein d'un gouvernement péquiste sur le «mystère Québec».
Aux prises depuis des années avec des « stations radiophoniques hostiles » à la cause souverainiste, pour employer un euphémisme, la population de la capitale nationale prêtera-t-elle une oreille aussi attentive au discours souverainiste à saveur économique de M. Péladeau qu'elle l'a fait dans le dossier du nouvel amphithéâtre?
Si oui, je pourrai affirmer que Pauline Marois aura réussi un coup magistral en allant chercher PKP, tout au moins pour l'influence qu'il aura exercée sur l'électorat de Québec et, par conséquent, sur les comtés que sa présence risque de ravir à la CAQ.
Si non, je devrai en conclure que les électeurs de Québec sont davantage intéressés par le retour des Nordiques dans la LNH que par les retombées économiques d'un nouvel amphithéâtre...et que le « mystère Québec » demeure irrésolu!
Henri Marineau, Québec
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Qui menace l'autonomie des médias?
Après l'annonce de la candidature de PKP au Parti Québécois dans St-Jérôme, François Legault s'est empressé de s'offusquer de la mise en péril de l'autonomie des salles de nouvelles de Québecor. Or, dans sa chronique de ce matin, François Bourque, preuves à l'appui, affirme que, chez Québecor, ce ne sont pas les propriétaires qui tiennent la plume des journalistes. À la suite de la publication récente d'une pleine page de publicité cosignée par Louis Audet, le président de Cogeco, de sa prise de position lors d'un discours à la Chambre de commerce de Montréal et des propos unanimement anti-PQ de l'ensemble des journalistes et analystes de la station de Cogeco à Québec, on peut douter de la liberté d'expression de ces derniers. M. Audet n'est cependant pas candidat dans l'actuelle course électorale québécoise. Il n'est donc pas nécessaire d'être candidat à une élection pour brimer l'autonomie des salles de nouvelles.
Daniel Guilbault, St-Augustin de Desmaures
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Une douche froide
René Lévesque doit se retourner dans sa tombe. Déjà que le PQ s'acharne sur des minorités ethniques en attaquant leur liberté religieuse a été une douche froide pour ceux qui croyaient en une société inclusive et soucieuse des droits fondamentaux. Avec l'enrôlement de Pierre Karl Péladeau, les progressistes qui appuyaient ce parti depuis ses débuts se sentiront trahis. Les syndicats continueront-ils à appuyer un parti qui invite l'homme d'affaires le plus antisyndical que le Québec ait connu? C'est bien beau l'indépendance mais le pays que nous offre Pauline Marois ne semble guère plus attrayant que celui de Stephen Harper.
Jeannot Vachon, Québec
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Qui sera le vrai chef?
Nul doute que des pleines pages de publicité dans les journaux de Quebecor inviteront les citoyens à voter pour le PQ. Je ne crois pas que PKP se contente d'un rôle de subalterne à l'Assemblée nationale. Cet homme d'action ambitionne sûrement un poste de chef. Pourra-t-il s'accommoder d'un poste de valet alors qu'il a déjà été roi? Une seule conclusion s'impose: on peut d'ores et déjà se demander qui sera le vrai chef du PQ s'il est élu.
Monique Guay, Québec
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Une candidature souhaitable ?
Pour certains, la candidature de Pierre-Karl Péladeau peut paraître exceptionnelle, mais l'est-elle vraiment? Est-elle souhaitable? Comment peut-on concevoir et apprécier la candidature du propriétaire du Journal de Montréal et du Journal de Québec, deux journaux majeurs du Québec et du réseau TVA, la télévision la plus populaire chez nous comme député et ministre du gouvernement péquiste? Comment peut-on imaginer et croire en l'objectivité de ces deux incontournables organes d'information lors de la campagne électorale? Comment les Québécois devraient-ils réagir face à cette candidature ronflante? Pierre Karl Péladeau est un magnat peu reconnu comme étant un patron sympathique aux travailleurs, surtout les syndiqués. Les Québécois reconnaîtront-ils l'incongruité et le danger que représente l'accession de ce candidat au conseil des ministres ou seront-ils éblouis par l'arrivée de cette vedette? Pouvons-nous croire un seul instant que PKP n'exercera pas son pouvoir relié à sa notoriété sur certaines politiques gouvernementales pouvant servir sa cause? Dans l'éventualité de l'accession de monsieur Péladeau au conseil des ministres d'un gouvernement péquiste, la défense des intérêts réels du peuple québécois deviendra-t-elle soudainement sa priorité? Les Québécois se doivent de se pencher sérieusement sur les contrecoups de la candidature de Pierre Karl Péladeau.
Armand J. Doré, Anjou
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Bien mal placés
François Legault et Philippe Couillard montent aux barricades. La liberté de presse est menacée avec l'arrivée de Pierre Karl Péladeau au PQ. Si monsieur Péladeau avait fait le choix du PLQ ou de la CAQ, ils seraient d'un tout autre avis. M. Legault est frustré parce que M. Péladeau à refusé de le rencontrer. Et le chef du PLQ est plutôt mal placé pour parler d'éthique et de conflit d'intérêt.
Jacques Plante, Québec
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Qui menace l'autonomie des médias?
Après l'annonce de la candidature de PKP au Parti Québécois dans St-Jérôme, François Legault s'est empressé de s'offusquer de la mise en péril de l'autonomie des salles de nouvelles de Québecor. Or, dans sa chronique de ce matin, François Bourque, preuves à l'appui, affirme que, chez Québecor, ce ne sont pas les propriétaires qui tiennent la plume des journalistes. À la suite de la publication récente d'une pleine page de publicité cosignée par Louis Audet, le président de Cogeco, de sa prise de position lors d'un discours à la Chambre de commerce de Montréal et des propos unanimement anti-PQ de l'ensemble des journalistes et analystes de la station de Cogeco à Québec, on peut douter de la liberté d'expression de ces derniers. M. Audet n'est cependant pas candidat dans l'actuelle course électorale québécoise. Il n'est donc pas nécessaire d'être candidat à une élection pour brimer l'autonomie des salles de nouvelles.
Daniel Guilbault, St-Augustin de Desmaures
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Un style de gestion à changer
À peine 24 heures après l'annonce fracassante de la candidature de Pierre Karl Péladeau comme aspirant péquiste dans Saint-Jérôme, les réactions fusent à la vitesse de l'éclair... et ce n'est qu'un début. Qu'on le veuille ou non, l'ex-dirigeant de Québecor incarne l'image de la réussite en affaires mais aussi, il faut bien l'admettre, le prototype d'un gestionnaire intransigeant. Dans ce contexte, nombreux parmi ses nouveaux adversaires sont ceux qui exploitent déjà ses nombreux démêlés antérieurs avec les employés syndiqués des médias de Québecor. Au moment de son allocution en tant que candidat du PQ, M. Péladeau a déclaré qu'il n'envisageait pas gérer les affaires de l'État comme une entreprise privée, des intentions louables qu'il devra rapidement confirmer dans des attitudes concrètes, à défaut de quoi ses détracteurs auront tôt fait de le fustiger sur la place publique.
Par ailleurs, depuis l'annonce de sa décision de briguer les couleurs du PQ, plusieurs se questionnent à propos de l'influence de son arrivée au PQ sur la couverture médiatique, notamment celle des médias de Québecor. Toutefois, à mon sens, je suis convaincu que PKP est trop intelligent pour se faire prendre dans le piège du favoritisme médiatique... pour autant que son ancien empire journalistique respecte la neutralité!
Henri Marineau, Québec
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Danger pour la démocratie
Avec la candidature au PQ de Pierre Karl Péladeau, qui a la mainmise sur une bonne partie de la presse écrite, en plus d'un «contrôle» des syndicats, des soupçons de deal avec la FTQ Construction, je considère le Parti Québécois comme un véritable danger pour la démocratie. Lorsque des journalistes se présentent en politique, il est tout à fait logique de penser que leurs reportages et leurs écrits étaient biaisés par leur idéologie politique. Je n'ai aucune confiance dans ce parti politique qui agit de façon tout à fait hypocrite pour arriver à ses fins. Prenons l'exemple des frais de scolarité. Le PQ a indexé les frais en plus de couper dans les crédits accordés aux étudiants, de sorte qu'il paieront la même chose que l'augmentation proposée par les libéraux. La plus belle preuve: les candidatures de Léo Bureau-Blouin et de Martine Desjardins. Quelle belle façon de leurer tout un peuple!
Renée D. Tremblay, Québec
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L'indépendance sous un autre jour
Il m'est de plus en plus difficile d'entendre tous ces gens prétendre que l'arrivée de PKP au Parti Québécois est une preuve que le PQ renie désormais ses principes fondateurs d'un parti de gauche qui flirte avec le milieu syndical. La raison d'être du Parti Québécois est l'indépendance du Québec. Pour le reste, n'y a-t-il pas de place à la mobilité des idées, au changement et au progrès? Après tout, si M. Péladeau décide de se lancer en politique avec le Parti Québécois, c'est d'abord parce qu'il croit au projet d'indépendance du Québec et qu'il adhère certainement en majorité à la plateforme électorale du parti. Certains lui reprocheront de demeurer l'un des hommes les plus puissants du milieu médiatique québécois puisqu'il conserve ses actions de Québecor. Bien qu'il les possède toujours, il faut rappeler qu'il ne les gère pas, car elles seront placées en fiducie: cela respecte effectivement l'article 18 du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale. S'il est élu et que le Parti Québécois forme une majorité, il faut reconnaître à M. Péladeau qu'il apportera une expertise ainsi qu'une expérience de taille à une équipe économique péquiste qui semblait parfois essoufflée. Lors de son dernier mandat, le ministre Marceau aurait certainement apprécié un rameur additionnel de ce calibre dans son embarcation. Je crois qu'il était temps pour le PQ de changer de visage et de proposer l'indépendance du Québec sous un autre jour. Et c'est certainement ce qu'il tente de faire, notamment avec l'arrivée de cette grosse pointure. Quant à Françoise David qui dit qu'aucun député de Québec Solidaire ne s'assiéra à côté de M. Péladeau en Chambre, n'y a-t-il pas un brin d'exagération ou d'intolérance? Après tout, pour mener le Québec à l'indépendance, il ne s'agit pas de négocier une convention collective...
Jean-Frédéric Moreau, Québec
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Bonne et mauvaise nouvelle
L'annonce de la candidature de PKP est une très mauvaise nouvelle pour les électeurs péquistes. Ils vont découvrir au cours de cette campagne la vérité sur le passé trouble d'un chef d'entreprise singulier. Plusieurs membres de ce parti vont juger que ce choix, dans le cadre de la stratégie adoptéee, n'a pas été sérieusement pensé. Je suis même certain que cela va modérer leurs transports et que cela se manifestera sur le terrain durant la campagne. On pourrait spéculer sur d'autres effets négatifs qui se manifesteront au moment du vote. Par ailleurs, c'est une bonne nouvelle pour le PLQ qui ne manquera pas de faire le procès de ce candidat auquel sont attachées certaines casseroles qui vont faire du bruit. Sans compter évidemment les questions éthiques qui entourent cette affaire peu banale dont les médias font déjà largement état. Bref, une bonne et une mauvaise nouvelle! 
Claude Poulin, Québec
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Convictions aux oubliettes
Tous les moyens sont bons pour arriver à la souveraineté! La poursuite de l'objectif de faire du Québec un pays constitue la raison d'être du Parti québécois. Par ailleurs, la poursuite de cet objectif doit-elle faire table rase de principes qui, jusqu'ici, semblaient constituer une partie de l'ADN du PQ? Parmi eux, le respect des travailleurs et de leurs droits. Le recrutement de Pierre-Karl Péladeau par Mme Marois me laisse un mauvais goût dans la bouche à cet égard. En plus d'être présentement en pleine campagne électorale, serions-nous aussi à l'aube d'une course à la chefferie au PQ?
Nicole Lemay, Sainte-Claire
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Coup de maître
On ne l'attendait plus. Pierre-Karl Péladeau se présente finalement pour le Parti québécois dans Saint-Jérôme. On peut être en accord ou en désaccord avec cette candidature, elle représente toutefois un coup de maître pour Mme Marois. Cette dernière a laissé le PLQ et la CAQ aligner leurs cartes puis elle a sorti son joker. Pour la CAQ qui reprochait au PLQ de n'avoir que des consultants dans son fameux trio économique alors que la CAQ dispose de «vrais» entrepreneurs, et pour le PLQ qui reprochait au PQ de n'avoir aucune crédibilité économique, voilà que Mme Marois va chercher un gros joueur dans le milieu des affaires. Claude Legault a encaissé le coup et Philippe Couillard a sauté sur la déclaration de souveraineté de Pierre-Karl Péladeau. Si j'étais M. Couillard, je changerais de discours car si la souveraineté vient d'effectuer une sérieuse montée, c'est probablement à cause de cette candidature. Si on peut penser raisonnablement que celle-ci aura de l'effet dans tout le Québec, assez curieusement, elle pourrait avoir une certaine influence dans la région de Québec compte tenu de l'implication de M. Péladeau dans ce qui fait titiller toute la région: la venue des Nordiques.
Michel Leclerc, Québec
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Ennemi #1 des syndicats
Le PQ doit se péter les bretelles aujourd'hui d'avoir obtenu la candidature de Pierre Karl Péladeau, un homme d'affaires aguerri doté d'une grande notoriété. M. Péladeau est un précieux atout pour combler les faiblesses économiques du PQ. Il aura un impact positif en termes d'intentions de vote à Québec puisqu'on le voit comme le sauveur qui peut faire revenir les Nordiques dans la capitale. De plus, on connait le penchant de Québec pour les valeurs de droite. Par contre, tous les salariés du gouvernement devraient craindre que cet homme intègre le parti au pouvoir. M. Péladeau est connu comme un casseur de syndicat. Des lock-out étirés sur plusieurs années avec l'utilisation de scabs, comme au Journal de Montréal il y a quelques années. Voilà un beau CV pour repousser les votes des syndiqués du gouvernement et même de tous les travailleurs favorables au syndicalisme. Mme Marois est très dynamique. Par contre, son opportunisme l'emporte sur sa cohérence. Le PQ a toujours eu une image progressiste. Avec la venue de Pierre Karl Péladeau, c'est un méchant virage à droite que le PQ vient de faire.
Jeannot Vachon, Québec