Une hanche à Paris?

Lettre au premier ministre du Québec, Monsieur Philippe Couillard, au ministre de la Santé, Monsieur Gaétan Barette, à la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Madame Diane Francoeur.

Madame et messieurs, je vous fais cette lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Depuis quelque six mois j’attends une hanche, dans les pires souffrances et l’invalidité.

Madame et messieurs, il est inacceptable de devoir vivre ainsi, orphelins et sans soins. Je viens de recevoir une bonne nouvelle, on peut m’opérer à Paris dans un délai d’un mois.*

Madame et messieurs, que faire en pareil cas? Je paie bien mes impôts, suis bonne citoyenne. Pourquoi devrais-je confier ma hanche arthrosée à d’autres spécialistes, que ceux qu’on a formés?

Madame et messieurs, je vous fais cette lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Je parle pour tous ceux-là qui attendent patiemment que le système réponde à leurs besoins pressants.

Comment justifiez-vous un aussi grand désordre, dans l’organisation de vos priorités? Ne dites pas encore que les fonds se font rares, alors que les salaires ont récemment grimpé.

Madame et messieurs, j’attends votre réponse qui pourrait me convaincre de votre sympathie. Je parle pour tous ceux-là qui attendent trop longtemps, que des soins prépayés leur soient enfin donnés.


*En désespoir de cause, j’ai entrepris une démarche auprès de la Clinique du sport à Paris qui, en moins de trois jours, par échange de courriels, m’a confirmé une date et un protocole chirurgicale. Si les choses n’avancent pas ici et vu l’état de souffrances extrêmes dans lequel je me trouve depuis plus de six mois, je serai forcée de dépenser au-delà de 32 000 $ pour recevoir une prothèse de la hanche là-bas!

Suzel Brunel, Québec