Martin Coiteux, président du Conseil du trésor.

Une gifle en plein visage

Alors que les syndiqués de l'État demandent un rattrapage salarial sur trois ans, Martin Coiteux leur propose un appauvrissement étalé sur cinq ans.
Si on s'arrête à cet horizon de trois ans, l'offre gouvernementale est de 1 % versus la demande de 13,5 %. Dans un contexte d'inflation à 2 % par an, M. Coiteux propose donc un appauvrissement de 5 %.
 Il invoque la capacité de payer du contribuable, mais cette même capacité semble infinie chez les employés de l'État.
Même si on considère que les demandes sont exagérées des deux côtés, la position gouvernementale est plus facilement comparable à une gifle au visage de l'autre partie.
La possibilité de l'employeur de recourir à un décret pour trancher le litige est une arme dont la partie syndicale ne dispose pas. Et non seulement demande-t-il un appauvrissement immédiat de ses employés, M. Coiteux affecte en plus leur fonds de pension pour un appauvrissement jusqu'à la mort.
À court terme, c'est la guerre qu'il obtiendra de ses employés. À plus long terme, les emplois au gouvernement du Québec ne seront guère plus attrayants que ceux offerts dans les Walmart.
Jeannot Vachon, Québec