Les protestataires demandent à ce que le dédommagement soit plutôt remis aux familles des militaires américains qui ont été tués ou blessés par Omar Kadhr. 

Une ahurissante mauvaise foi

Concernant Omar Khadr, la mauvaise foi des conservateurs est ahurissante et lève le coeur.
Le Canada a signé un protocole sur les enfants-soldats, stipulant qu'un combattant de moins de 18 ans n'est pas responsable de ses actes et ne peut donc en aucun cas être poursuivi. Le gouvernement reconnaît cette règle pour de jeunes combattants en Afrique, mais continue à la nier pour un jeune Canadien portant un nom musulman qui a combattu en Afghanistan. Le Canada a contrevenu à ses propres engagements en s'obstinant à refuser le statut d'enfant-soldat à Omar Khadr, qui n'avait que 15 ans lors des faits qui lui sont reprochés. 
Les conservateurs s'entêtent aussi, en dépit du bon sens, à considérer cet enfant-soldat comme un terroriste et non un combattant. Pourtant, c'est clair : quelqu'un qui fait exploser une bombe pour tuer des civils (comme lors de l'attentat du marathon de Boston) est un terroriste. Quelqu'un qui lance une grenade en zone de combat, comme l'a fait le jeune Khadr, est un combattant, point. 
De plus, tout le monde sait qu'Omar Khadr, sur le conseil de ses avocats, a reconnu sa culpabilité, simplement pour ne pas moisir indéfiniment dans les geôles de Guantanamo. Les conservateurs font semblant de le prendre au mot en faisant un copié-collé de la rhétorique tordue des procureurs de l'armée américaine: il a avoué sa culpabilité, donc c'est la preuve que ce n'est pas un combattant, donc, ce n'est pas un enfant-soldat, donc c'est un meurtrier qui doit croupir en prison. Pathétique!
Christian Feuillette, Montréal