Un témoin de la Divine bonté

«Oh! quel farouche bruit font dans le crépusculeLes chênes qu'on abat pour le bûcher d'Hercule!»
Je pensais à ces vers de Hugo en apprenant le décès du père Dominique de l'Abbaye des moines de St-Jean-de-Matha, à l'âge de 95 ans. Je l'ai connu personnellement lors de mes nombreuses retraites à la Trappe d'Oka. Son humilité et sa présence souriante en disaient plus que tous les sermons. 
Entré à la Trappe d'Oka à 20 ans, le père Dominique a passé 75 ans à prier, à passer la vadrouille dans les longs couloirs du monastère, à cueillir des pommes, et à offrir par sa présence un don, un sourire, un espace aux nombreux retraitants. 
Sans rien dire, ni prêcher, ni parler de Dieu, il reflétait par son sourire la Divine bonté. Il était un authentique témoin de l'Évangile qui est la Bonne nouvelle de la lumière et de l'amour. Il réussissait à faire jaillir du clavier d'un quotidien monotone une vie mélodieuse.
En saluant ce géant de la spiritualité cistercienne, j'ajoute qu'il est dommage que la recette de fromage des moines d'Oka soit plus connue que leur recette de bonheur. Des milliers de jeunes sont ainsi privés d'un bonheur simple et durable comme celui qu'a connu le père Dominique pendant 75 ans. À Dieu, père Dominique.
Christian Larsen, Gatineau