À Sherbrooke, environ 800 personnes ont dormi dans un lieu d'hébergement l'an dernier.

Un sans-abri trop honnête?

Un itinérant qui avait trouvé 850 $ sur un trottoir, un jour de Noël, avait eu la grandeur d'âme de remettre ladite somme aux autorités policières de sa ville. Six mois plus tard, la somme n'avait pas été réclamée et avait été retournée à notre pauvre itinérant. La nouvelle avait fait sensation dans les médias et nombreux sont ceux qui avaient salué le geste gratifiant de ce sans-abri. La population était majoritairement en accord avec le fait que le montant revienne à l'homme de la rue.
Un itinérant qui avait trouvé 850 $ sur un trottoir, un jour de Noël, avait eu la grandeur d'âme de remettre ladite somme aux autorités policières de sa ville. Six mois plus tard, la somme n'avait pas été réclamée et avait été retournée à notre pauvre itinérant. La nouvelle avait fait sensation dans les médias et nombreux sont ceux qui avaient salué le geste gratifiant de ce sans-abri. La population était majoritairement en accord avec le fait que le montant revienne à l'homme de la rue.
Alors notre homme, se voyant ainsi fortuné, avait décidé de se prendre en mains et de s'installer en appartement. On l'avait aidé à faire une demande d'allocation mensuelle au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Il lui fallait bien un revenu minimal pour l'aider à payer son loyer et sa nourriture.
Mais voilà qu'il s'était vu refuser la somme à laquelle il avait droit, les deux premiers mois, puisque les fonctionnaires dudit ministère avaient considéré le fameux 850 $ comme un revenu non déclaré.
Pourtant ce montant avait été trouvé par l'itinérant alors qu'il était à la rue et en flagrant problème financier, il va de soi. L'homme n'était pas encore prestataire de l'aide sociale, en fait. Et on peut poser la question suivante : en quoi une somme d'argent trouvée par terre peut-elle être considérée comme un revenu de travail?
Se sentant floué par cette affaire, notre sans-abri quitta sa ville et embarqua dans le premier train venu en espérant trouver ailleurs un monde plus juste et équitable.
Yvan Giguère
Saguenay