Un remède à la rouille

Qu'on redonne au pont de Québec sa vocation première : le transport sur rail. CN et Via Rail ont déjà leur voie. La chaussée actuelle pour automobiles pourrait céder sa place à deux voies ferrées d'un tramway moderne, avec gare intermodale à la tête du pont, intégrée à un édifice public; un terminus qui rappellerait celui du métro, à Longueuil.
Sur le pont actuel, l'espace non requis pour les deux voies du tramway serait alors affecté à des voies cyclables. Ainsi, le «premier lien» (pont de Québec), à débit d'automobiles fort limité, disparaît au profit d'un transport collectif plus efficace. Ce transport collectif sur rail et la voie cyclable élimineraient toute possibilité de vapeurs de calcium qui rongent depuis 50 ans la structure de notre célèbre pont qui aura ses cent ans en septembre prochain. Les deux voies de circulation automobile pourraient se retrouver sur le 3e lien avec, non pas six voies, mais huit voies carrossables. Un projet farfelu pour certains, mais qui sauvegarderait sûrement ce célèbre ouvrage qui évoque au-delà de nos frontières et depuis si longtemps l'identité de notre grande région de la Capitale-Nationale, en plus de régler un des problèmes de transport entre les deux rives.
Gilles Côté, Lévis
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Éviter la pente glissante
Bravo au Collège des médecins du Québec qui se prononce en défaveur de l'élargissement de l'aide médicale à mourir aux personnes inaptes qui auraient demandé celle-ci au moyen de directives médicales anticipées. Le Collège affirme que les médecins ne sont pas des «tueurs à la carte» qui doivent remplir les commandes des proches qui souffrent de l'existence de la personne inapte, qui elle ne souffre pas, disent-ils. Les médecins ne veulent pas, non plus, être ceux qui auraient à décider qui serait tué et quand, et qui ne le serait pas. L'aide médicale à mourir a été jugée acceptable par le Collège pour les personnes mourantes qui en font la demande personnellement et consciemment. Mais la «pente glissante» décriée par les opposants à l'euthanasie ne fait que commencer.
Ward O'Connor, Montcerf-Lytton
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Les avantages d'Airbnb sont indéniables
À l'ère numérique, de nombreuses villes touristiques à travers le monde s'adaptent aux millions de touristes Airbnb, de classe à part, qui parcourent la planète à leur façon et qui viennent revitaliser leurs quartiers. La Ville de Québec, ville touristique par excellence, n'échappe pas à la mode planétaire de partage de la vie de quartier et ne doit pas réprimer ce type de touristes; elle doit plutôt respecter leur libre choix et les accueillir. 
Les avantages sont indéniables : ils donnent une vigueur nouvelle à la vie économique des quartiers, pas mal délaissés depuis des années, y dépensant chacun en moyenne 750$ /3 jours dans les épiceries, restaurants, boutiques et autres commerces environnants, participent à la promotion de la Ville à travers le monde sans autre publicité. Et en ce qui concerne les petits commerçants du coin, souvent propriétaires de leur immeuble, leur permettent de louer des appartements du dessus, trop souvent vides ou inoccupés pendant des années. Cela apporte un souffle nouveau pour maintenir leur édifice en bon état, participer à leur conservation, à leur amélioration même, et dans l'ensemble à l'embellissement de leur ville. Sans compter que pour bon nombre d'entre eux, cette catégorie de voyageurs constitue de surcroît un support inespéré pour acquitter leurs taxes d'affaires sans cesse augmentées et pour maintenir leurs services à la population locale.
Tous ensemble, protégeons nos petits commerçants du coin et sauvons nos vieux quartiers en reconnaissant le choix de ces touristes nouvelle vague. Sinon, ils iront ailleurs!
André Louis La Ferrière, Québec