Un pont tue, la foi console

En rappel de ces jours qui ont marqué notre histoire, je tenais à évoquer le souvenir de mon arrière-grand-père Alfred Hardy et de sa famille. Il habitait à l'époque à Saint-Romuald et travaillait comme ingénieur du pont de Québec.
Au moment où le pont s'est effondré, une première fois, cinq membres de sa famille y travaillaient et y ont laissé leur rêve, leur jeunesse et leur vie. Il s'agit de Lauréat Proulx, 19 ans, de Wilfrid Proulx, 17 ans, de Philippe Hardy, 20 ans, de James Hardy, 35 ans et de Victor Hardy, 47 ans.
Alors qu'elle n'était encore qu'une enfant, ma grand-mère Anita Hardy (fille d'Alfred), m'a raconté avoir vu, horrifiée, le pont s'effondrer alors qu'elle pouvait l'observer du point de vue de la maison familiale de Saint-Romuald. D'après ses souvenirs, pour les personnes ayant subi de près ou de loin cette énorme épreuve, plusieurs pèlerinages par bateau étaient organisés le dimanche, à Sainte-Anne-de-Beaupré, afin de leur obtenir secours et consolation.
Très convaincue, elle affirmait avoir vu plusieurs éprouvés de l'effondrement du pont en revenir consolés et ajoutait même que plusieurs en revenaient physiquement guéris.
Fière et courageuse mémoire d'une époque difficile, mais constructive, tous ces gens méritent donc toute notre admiration et notre reconnaissance pour le service accompli.
Dominique Pepin, Québec