Un outrage inutile

Depuis près d'une semaine, des chroniqueurs se sont offusqués face au retranchement du mot barbare d'un guide fédéral pour les immigrants.
Selon eux, le retrait de ce mot qui avait été mis pour qualifier l'excision ou les crimes d'honneur revient presque à dire que ces moeurs sont acceptables à nos yeux. Or, ce guide n'est qu'une publication servant à l'accueil des immigrants.
Ce n'est pas un texte à saveur éditoriale pour exprimer le dégoût contre des moeurs qui choquent nos valeurs. Un tel qualificatif n'avait tout simplement pas sa place dans le contexte d'une publication d'information gouvernementale.
Le Canada n'est pas une police des moeurs internationale. Chaque pays légifère pour mettre en application les valeurs de sa société et pour faire évoluer ses moeurs à son propre rythme.
Il n'y a pas lieu d'utiliser ce genre de publication pour insulter les nouveaux arrivants en leur mentionnant que des moeurs observés dans leur pays d'origine sont méprisables à nos yeux.
Imaginez si des brochures touristiques à l'intention des Américains leur mettaient sous le nez que chez nous on ne tolère pas de prisons telles Guantanamo qui pratiquent la torture. Ou bien une publication d'un pays qui est contre l'avortement qui dirait aux Canadiens que chez eux on trouve dégueulasse de tuer les enfants dans le ventre de leurs mères. Ou alors on aviserait les homosexuels de ne pas amener dans leur pays leurs pratiques dépravées.
Dans un texte neutre, on spécifie simplement aux arrivants ce qui est chez nous un crime. Il y a d'autres occasions pour débattre du choc des valeurs entre pays différents.
Jeannot Vachon, Québec