Un examen de conscience bien requis

Le premier ministre Legault disait souvent au début de la pandémie comment il était fier des Québécois.

Je ne sais pas s’il dirait la même chose avec la crise sans pareil dans les CHSLD et certaines résidences privées, le manque toujours effarant de personnel soignant malgré ses appels répétés, le non-empressement pour aller dans les CHSLD des médecins spécialistes et le recours nécessaire aux Forces armées canadiennes. Cela ne fait pas un tableau bien reluisant de la société québécoise. Ce qui ne met pas en cause, bien au contraire, le magnifique, voire héroïque travail de certaines personnes auprès de nos aînés.

Mais cette crise devra amener un très sérieux examen de conscience, non seulement du gouvernement, mais aussi de tous les Québécois. Comment est-on arrivé à rejeter et parquer dans des résidences les vieux et les veilles du Québec? Pourquoi, par exemple, 90 % de ceux-ci ne reçoivent même pas une visite annuelle de leurs proches? Le Québec devra réfléchir sur ses valeurs profondes: est-ce le seul culte du dollar et de la consommation, le rejet de la mort et de la vieillesse, le refus de toute notion de transcendance? Un dicton veut que de toute crise majeure sorte du bon. À la suite de cette pandémie, il faut espérer un grand changement. Rien ne doit être comme avant.

Michel Lebel, Entrelacs