Un effet de toge

Les avocats et notaires de l'État québécois demandent au gouvernement Couillard d'être traités de façon équitable par rapport à leurs consoeurs et confrères de la direction des poursuites criminelles et pénales. Entendre par là qu'ils réclament le même traitement.
Malheureusement, dans la longue lettre ouverte publiée dans Le Soleil à ce sujet, on ne réfère en aucun cas aux nombreux critères utilisés autrefois dans les processus d'évaluation des emplois et maintenant rendus obligatoires dans les processus d'équité salariale.
Beaucoup de phrases destinées à mobiliser les troupes, incluant le classique «manque de respect de l'employeur», mais rien sur le plan technique, pour soutenir leurs revendications. Surprenant, de la part de juristes habituellement jaloux de leur expertise et habiletés à utiliser les règles complexes d'un État de droit. Peut-être leurs revendications sont-elles justifiées, mais leur lettre ouverte n'est qu'un effet de toge.
Serge Parent, Québec
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Détricoter le tissu urbain
Il faut ranger le déménagement du Marché du Vieux-Port parmi les décisions les plus mal avisées de l'administration Labeaume.
La Ville de Québec propose de détruire un marché qui est rentable, qui plait aux citoyens et aux touristes, pour animer un tant soit peu la zone Amphithéâtre. 
Le Marché du Vieux-Port fait partie du tissu urbain de Québec et contribue à sa vitalité. Il est fréquenté par les citoyens du Vieux qui redoutent que leur quartier devienne une carte postale sans services de proximité.
Et tous les citoyens de Québec aiment déambuler sur les quais, marcher la rue Saint-Paul, et faire un crochet par le Marché pour acheter des produits locaux qui varient au fil des saisons. Un vrai plaisir urbain qui attire, aussi, son lot de visiteurs étrangers.
Pour justifier le 400 millions $ de l'Amphithéâtre, on s'apprête à détricoter le tissu urbain de Québec et transplanter le Marché dans un no man's land en pompant 23 millions $ de fonds publics, sans garantie de résultats.
Les marchands de la 3e Avenue devraient s'inquiéter de cette concurrence déloyale. Le maire dit qu'il souhaite attirer des commerces à Fleur-de-Lys. Ce n'est pas le rôle de la Ville de dépouiller un centre commercial pour aider ses propres investissements.
Souhaitons que le maire Labeaume réalise, comme ce fut le cas avec les food trucks, les pitbulls, et les Jeux Olympiques, qu'il se trompe lourdement.
Donald Charette, journaliste et citoyen de Québec