Dévoilée le 31 août 1987 à l'occasion du second Sommet de la Francophonie, la sculpture Dialogue avec l'histoire est un cadeau de la Ville lumière à Québec.

Un cadeau, ça ne se refuse pas

En réaction à l'article du lundi 6 juillet 2015 intitulé Destruction de Dialogue avec l'histoire: un geste barbare à réparer de Moridja Kitenge Banza.
Lorsque j'étais enfant et que je recevais à mon anniversaire ou à Noël un cadeau que je n'avais pas vraiment choisi et qui ne me plaisait pas, mes parents me disaient alors: «Un cadeau, ça ne se refuse pas. Dis-toi qu'il est autant, parfois même plus plaisant, de donner un cadeau plutôt que d'en recevoir un. Alors, accepte-le sans rechigner, sachant que cela fera plaisir au donneur. Si tu n'aimes pas ton cadeau, tu peux toujours le retourner au magasin ou, mieux encore, le donner à quelqu'un qui le désire vraiment. Dis-toi que comme le cadeau t'a été donné, il t'appartient et tu peux en faire ce que tu veux. Et si jamais un jour tu reçois à nouveau un cadeau qui ne te plaît vraiment pas, rien ne sert de montrer ta tristesse à la personne qui te l'a donné. Prends plutôt quelques jours pour jouer avec ton cadeau et prendre une décision plus éclairée.» 
J'ai toujours trouvé que mes parents avaient un excellent jugement et que leurs nombreux conseils étaient teintés du gros bon sens (GBS).
En 1987, la Ville de Québec a reçu du gouvernement français (et non de l'artiste français Jean-Pierre Raynaud) l'oeuvre d'art public Dialogue avec l'Histoire. Vingt-huit ans plus tard, le GBS dicte à la Ville de Québec de détruire le «cube blanc» pour des raisons de sécurité. C'est également le GBS qui nous force à reconnaître et admettre que ni M. Raynaud, ni le gouvernement français ne peuvent influer sur le destin de l'oeuvre puisqu'elle ne leur appartient plus. Depuis la destruction de l'oeuvre Dialogue avec l'Histoire, j'ai l'impression d'assister à un véritable dialogue de sourds entre quelques artistes et le GBS. 
Louis Martel, Lévis