Manifestation à Québec le 20 août contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite

Un bien mal acquis?

En réaction à l'éditorial «Un chantage coupable» de Jean-François Cliche
J'ajouterais une troisième possibilité à votre énumération: celle que ce type de chantage ait pu être exercé par le passé.
Si on regarde le portrait des 25 dernières années, on peut en effet avoir l'impression que les salaires des employés municipaux, ceux des villes surtout, ont été tirés vers le haut par un accroissement rapide des salaires des policiers. Dans la période d'avant les années 2000, où le Québec comptait une multitude de corps de police municipaux, il n'était pas rare de voir surgir une hausse surprenante du salaire des policiers dans une quelconque ville en région. Cette hausse devenait alors le nouveau standard pour les négociations à venir ailleurs, en allant bien sûr chercher davantage si la ville était de plus grande taille.
Ce même standard pouvait ensuite s'appliquer aux autres catégories d'emploi, en comparant les responsabilités et les qualifications requises. D'où, pour une certaine partie du moins, cet écart important que l'on observe entre les salaires des employés des villes et ceux des fonctionnaires provinciaux.
Les employés municipaux n'ont sans doute rien volé, au sens propre, mais on pourrait quand même se demander, à écouter Marc Ranger, s'il n'y a pas une part de leurs gains passés qui pourrait être qualifiée de bien mal acquis.
Louis Poirier, Saint-Augustin-de-Desmaures