Dans les prochains budgets, il est certain que nos élus, sous prétexte que cette fois-ci c'est la bonne, nous demanderont de nous serrer encore un peu plus la ceinture et viendront puiser plus profondément dans nos poches. Vous je ne sais pas, mais les miennes sont vides et trouées.

Un agent, dites-vous?

Moi aussi j'aimerais élever mon niveau de vie, au point d'avoir besoin d'un agent pour gérer ma fiducie, mes investissements, mes abris fiscaux. Mais non, cette réalité appartient à une élite dont nous sommes nombreux à ne pas faire partie ni côtoyer.
Je mentirais en disant que je n'en suis pas un tantinet jaloux. Mais ce serait également une erreur de penser que je ne félicite pas le mérite de ces gens qui ont réussi grâce à un travail acharné.
Ce qui me chicote un peu, c'est que nos dirigeants sont nombreux à appartenir à cette catégorie de gens aisés. Tant mieux pour eux. Mais comment peut-on penser que ceux-ci pourront comprendre le peuple, ses besoins et ses préoccupations? Me faire dire d'accepter toutes ces mesures d'austérité par quelqu'un dont le train de vie n'est aucunement affecté par une hausse du prix du lait, de l'essence ou du kilowatt m'insulte. Cela me choque autant que ces projets de loi pour «forcer» quelque chose contre, par exemple, l'acceptation résignée de ces indemnités de départ insensées, mais supposément incontournables grâce à des ententes aux fins et subtils libellés.
En écrivant cette réflexion, j'ai réalisé qu'une réduction de 2 cm sur un tour de taille de 115 cm nécessite bien moins d'effort que sur un de 75 cm... Et pendant que certains se cherchent un agent, moi, je cherche comment serrer davantage ma ceinture d'un moyen 86 cm, tout en m'inquiétant pour ceux qui ont atteint le dernier trou depuis belle lurette.
Mario Bérubé, Lévis (secteur Saint-Nicolas)