Tu as gagné, Québec

Québec, je me souviens.

Je me souviens quand j’ai embrassé cette terre, le douanier m’a dit : soyez la bienvenue dans votre pays.

Québec, je me souviens.

Moi aussi avant de venir ici, j’avais beaucoup de préjugés. Les juifs n’aiment pas les musulmans. Quand je suis tombée malade, j’ai été soignée par un juif et j’ai même été référée à une église qui offre de l’aide aux nouveaux arrivants.

Québec, je me souviens.

C’est grâce à mon passeport marocain que je t’ai connu et grâce à mon passeport canadien que je suis en train de découvrir le monde.

Québec, je me souviens.

Tu m’as permis de connaître d’autres mondes. Je me souviens comment tu m’as rendue une femme forte, une immigrante qui a laissé tout derrière elle, qui a joué le rôle de mère, grand-mère, tante, cousine pour ses enfants.

Oui, je me souviens aussi de ce jour-là, du 29 janvier, quand mes frères ont été assassinés par la haine et j’ai vu toute la population mobilisée pour dire non et encore non.

C’est toi, la gagnante. Tu as enseigné à ta population l’amour, le partage, le respect. Oui, c’est toi la gagnante. Tu as gagné les braves hommes comme M. Hakim qui a dit : j’ai couvert la petite fille pour qu’elle ne voie pas le drame.

Oui, tu as gagné des héros comme M. Ayeman qui a dit : «j’aurais honte toute ma vie si je m’étais enfui et j’avais laissé derrière moi mes amis ainsi que d’autres personnes qui ont reçu plus des balles pour minimiser les dégâts qui ont incarné l’esprit du sacrifice».

Mon Québec, je t’avoue quelque chose.

Le Maroc, c’est ma mère. Toi, tu es mon amour. Le Canada, c’est mon cœur.

Même si je voyage chez ma mère pour quelques jours, je me dis quand je vais retourner chez mon amour : là-bas, il y a mon cœur.

Jamais je n’oublierai ma mère, personne ne peut m’éloigner de mon amour, je vais protéger mon cœur.

Zakia Zoukri, Québec