Trop vieux pour s'impliquer?

C'est une question que l'on peut se poser quand on lit les propos du maire Labeaume, qui estime que certains citoyens ont comme projet de retraite de s'opposer à tout. Il est vrai que des citoyens qui prennent la parole et qui manifestent leur opposition, ça peut sembler dérangeant. Alors il faut mettre en oeuvre ses qualités de communicateur, voire de médiateur.
C'est une question que l'on peut se poser quand on lit les propos du maire Labeaume, qui estime que certains citoyens ont comme projet de retraite de s'opposer à tout. Il est vrai que des citoyens qui prennent la parole et qui manifestent leur opposition, ça peut sembler dérangeant. Alors il faut mettre en oeuvre ses qualités de communicateur, voire de médiateur.
Pour plusieurs politiciens, il est sans doute plus facile de composer avec des citoyens de la «majorité silencieuse» qui acceptent toutes les décisions sans dire un mot. Cependant, il ne faudrait pas oublier que les villes existent parce que des citoyens en ont décidé ainsi. De plus, comme nous sommes supposés vivre en démocratie, pourquoi remettre en question ainsi la position citoyenne? Pourquoi ne cherche-t-on pas à comprendre les raisons qui motivent ces citoyens? Les projets leur ont-ils été présentés adéquatement et ont-ils eu le sentiment d'être mis devant le fait accompli? Et surtout, pourquoi assimile-t-on opposition et vieillissement? Enfin, comment savoir si la position prise par les opposants n'est pas partagée par des gens d'âges différents?
Ce n'est pas la première fois que monsieur Labeaume évoque de façon négative le vieillissement de la population de Québec. Rappelons à ce sujet l'article de L'Actualité de l'été 2010 intitulé «Le maire Labeaume en a marre des vieux». Plus récemment, il a attribué le résultat du référendum portant sur l'îlot Irving à des «vieux militants», déplorant le fossé intergénérationnel entre les jeunes qui, selon lui, auraient voté favorablement alors que les plus vieux l'auraient rejeté. Monsieur Labeaume ne semble pas voir de problème sur la question de la division entre les personnes de groupes d'âges différents, ce qui est étrange considérant le fait qu'à son avis, son travail de maire est d'assurer la cohésion sociale des résidents de la ville.
Il me semble opportun de connaître l'âge auquel, selon le maire Labeaume, les citoyens ne devraient plus se mêler de la vie publique, sauf, bien entendu, s'ils adhèrent aux idées et aux projets du maire de Québec. Pourtant, nous sommes tous et toutes, peu importe notre âge, des citoyens habilités à se prononcer, c'est l'essence même du système dans lequel nous vivons.
Nicole Moreau, Québec