Le gouvernement péquiste de Pauline Marois continue de gagner des points dans les intentions de vote, grâce entre autres à son controversé projet de Charte de la laïcité.

Tout ce qui peut mal tourner...

La rentrée politique 2014 risque d'être cauchemardesque. On apprend que les audiences publiques sur le projet de loi 60, la Charte de la laïcité, pourraient durer une bonne partie de l'hiver et qu'elles ne seront pas terminées si des élections étaient déclenchées en mars pour d'autres motifs. Au moins 200 mémoires ont été transmis à la Commission des institutions avant la date limite du 20 décembre et chacun donnera lieu à une heure d'audience. Voilà donc ce qui va être la prochaine étape d'une stratégie habilement orchestrée par le gouvernement Marois pour s'accrocher au pouvoir. Une stratégie de la dernière chance mais qui finalement peut s'avérer gagnante.
La rentrée politique 2014 risque d'être cauchemardesque. On apprend que les audiences publiques sur le projet de loi 60, la Charte de la laïcité, pourraient durer une bonne partie de l'hiver et qu'elles ne seront pas terminées si des élections étaient déclenchées en mars pour d'autres motifs. Au moins 200 mémoires ont été transmis à la Commission des institutions avant la date limite du 20 décembre et chacun donnera lieu à une heure d'audience. Voilà donc ce qui va être la prochaine étape d'une stratégie habilement orchestrée par le gouvernement Marois pour s'accrocher au pouvoir. Une stratégie de la dernière chance mais qui finalement peut s'avérer gagnante.
Durant des mois, les médias vont concentrer leur attention sur ces audiences et mettre en exergue sur un mode dramatique des problèmes réels ou appréhendés que la Charte devrait résoudre. Ce qui va entraîner la radicalisation des discours des opposants déchirés entre deux extrêmes : le coeur et la raison. Côté coeur : le gouvernement compte sur les effets de ce débat pour exciter le sentiment d'insécurité identitaire des Québécois de souche. C'est dans ce filon que le vieux fond nationaliste devrait pourvoir remonter. Côté raison : les arguments sur les valeurs libérales, dans un débat aussi émotif, vont revêtir des allures plutôt théoriques et abstraites si elles ne sont pas défendues avec la compétence et la chaleur nécessaire. Sur ce point, les tacticiens péquistes estiment que Philippe Couillard ne fera pas le poids.
Enfin, il faut imaginer que la mise en oeuvre de ce plan a tenu compte des réactions négatives dans médias anglophones. Réactions qui ne manqueront d'arriver. On y a pensé! Le «Québec bashing», quoi de plus puissant pour susciter le mépris pour ce «corps étranger», multiculturel et dirigé par ce diable, Stephen Harper. En somme, plutôt qu'un débat sur une question sérieuse qui devrait nous unir, nous connaîtrons durant des mois une crise qui ne règlera rien sur le fond mais qui pourra servir à des fins électoralistes. Rappelons-nous néanmoins que dans des conjonctures semblables, la loi de Murphy risque toujours de s'appliquer: «Tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner.» On verra!
Claude Poulin, Québec