Si un scrutin avait eu eu lieu entre le 10 et le 15 décembre, le PLQ de Philippe Couillard aurait remporté 35 % des suffrages.

«Toé, tais-toé»

Le Québec était au bord de la décote le printemps dernier, selon Philippe Couillard.
Pourrais-t-on demander à M. Couillard des preuves de ce qu'il avance en rendant publics les documents qui démontrent clairement que le Québec était sur le bord de la décote? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on peut se garder une petite gêne concernant ses informations et ses promesses. Cela cadre trop bien avec le scénario concocté avant même sa prise de pouvoir.
Ceci dit, la majorité des Québécois sont d'accord sur le fait qu'il faut équilibrer les finances publiques. Nul besoin de soulever le spectre traditionnel des menaces de décote des agences de cotation pour tenter de nous faire peur et de justifier son idéologie.
La vraie question est de savoir à quel rythme on devrait procéder et surtout comment.
Jusqu'ici le gouvernement a ciblé uniquement la classe moyenne. À quand le tour des banques et des entreprises? Pourquoi le président du Conseil du trésor ne répond-il jamais à cette question?
En plus des cibles, il faudrait également questionner la manière.
Pourquoi ne pas travailler en collaboration et en consultation avec les citoyens, les groupes sociaux, les syndicats et les fonctionnaires compétents au lieu de les affronter? Surtout, pourquoi ne pas consulter les usagers des services qui ont beaucoup de suggestions positives pour épargner des coûts tout en maintenant les prestations? Non, ce gouvernement, présumément démocratique, préfère se comporter avec autoritarisme et arrogance en ne consultant que certains experts dont il connaît d'avance les tendances. Il les paie grassement pour obtenir des rapports dont il n'attend même pas la publication avant d'agir.
L'arrogance du gouvernement Couillard nous rappelle de plus en plus la triste époque de Maurice Duplessis. C'est là que nous mène le gouvernement en détruisant systématiquement les acquis de la révolution tranquille.
Plusieurs se souviendront qu'à l'été 1958, alors que le solliciteur général, Antoine Rivard, s'adressait aux journalistes, le premier ministre Maurice Duplessis l'avait interrompu effrontément avec un tonitruant «toé, tais-toé». Le «cheuf» avait parlé, réduisant au silence un de ses ministres.
Cette anecdote met en scène tout à la fois le diktat de Duplessis, son autoritarisme et l'asservissement habituellement associés à la triste histoire de la Grande Noirceur.
Peut-on dire que l'histoire se répète?
Marcel Gilbert
Lac-Saint-Charles