Soutien d’un ancien camelot

Enfant, j’ai été camelot pour Le Soleil je me souvins du plaisir que j’avais à distribuer le journal après l’école en semaine et le samedi matin. Je n’ai jamais cessé de le lire. Toujours par abonnement dans sa version papier, c’est trop important. Je ne peux imaginer la disparition de ce journal de qualité tant par ses journalistes, ses articles, que sa présentation. Je suis également abonné au Devoir. L’information de qualité est une des bases de la vie démocratique. Longue vie au Soleil.

Pierre Robert

Québec

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LE PAPIER DE MA VIE

C’est d’abord comme papier et ses utilités dans la vie quotidienne que j’ai connu Le Soleil.

En effet, étant enfant et bien avant de savoir lire, Le Soleil, dont mes parents étaient de fidèles abonnés, représentait la presque totalité du papier dans la maison. Il m’a permis très tôt de reconnaître au toucher la texture du papier et de savoir ce que ma mère voulait quand elle disait «apporte-moi du papier». Il était bien lu mais recyclé en presque totalité, servant d’allume-feu pour le poêle à bois, d’emballage pour des objets, de torchon pour faire briller les vitres des fenêtres et d’autres utilités moins nobles. 

Ses grandes pages m’ont permis de faire voler mes premiers cerfs-volants fabriqués par mon père. Je me vois encore accroupi dans la cuisine en train de découper les pères Noël qui y étaient imprimés et que nous gardions précieusement ma sœur et moi. Les bandes dessinées attiraient mon regard dont celle de Mandrake, le magicien, qui a sans doute été à l’origine de mes premières lectures.

J’ai réalisé très tôt qu’il y avait des opinions, des idées, transmises par les journaux et mon grand-père, bleu notable, recevait l’Action Catholique alors que mon père, rouge, recevait Le Soleil.

Il y avait trois choses qui arrivaient chaque jour pour nous nourrir : le pain du boulanger, le lait du laitier et Le Soleil de Pierrot, le camelot.

Plus tard, j’ai pu «passer» Le Soleil.

Richard Gagné

Sainte-Pétronille