Dix personnes avaient perdu la vie dans l'explosion d'un trolleybus  à Volgograd. Les attentats sont attribués à des djihadistes du Caucase.

Sotchi : les éventuels perdants

Les Jeux olympiques d'hiver 2014, qui se dérouleront entre le 7 et le 23 Février à Sotchi en Russie, sont le sujet de beaucoup d'interrogations concernant entre autres la sécurité et le détournement politique de l'évènement par le président du pays, Vladimir Poutine. Les derniers attentats s'étant produits en Russie ne sont pas sans relancer de façon brûlante le sujet.
Les Jeux olympiques d'hiver 2014, qui se dérouleront entre le 7 et le 23 Février à Sotchi en Russie, sont le sujet de beaucoup d'interrogations concernant entre autres la sécurité et le détournement politique de l'évènement par le président du pays, Vladimir Poutine. Les derniers attentats s'étant produits en Russie ne sont pas sans relancer de façon brûlante le sujet.
Les membres du Comité International Olympique (CIO) auront beau déclarer qu'ils sont très confiants que tout se déroule bien sur le plan de la sécurité, il n'empêche qu'ils auront accordé l'organisation de ce méga évènement sportif à une ville à la frontière du Caucase du nord, où les terroristes djihadistes ne manquent pas de revendications politiques. Ceux-ci ne s'attaqueront pas nécessairement aux sites mêmes des Jeux, qui eux, on s'en doute, seront hyper protégés. Mais il sera beaucoup plus ardu d'assurer la sécurité dans les voies d'entrée et les places publiques de Sotchi.
Quel service de sécurité peut se targuer d'être hermétique à un éventuel loup solitaire et suicidaire qui se fait exploser au milieu d'une foule de passants? Et si un ou plusieurs attentats terroristes réussissaient, qui en seraient les perdants? Au premier chef, on s'en doute, les victimes elles-mêmes de ces actes irréfléchis de violence, qui perdront la vie ou seront blessées. Puis il y aura tous les athlètes, qui se feront voler leur moment de gloire avec les projecteurs détournés des épreuves sportives, après avoir investi dans leur performance des années d'effort et de sacrifices. Vladimir Poutine lui-même perdrait aussi de façon magistrale son pari d'assurer la sécurité des Olympiques d'hiver. Et son aura de puissance se verrait grandement affaibli. Bien des observateurs politiques s'en réjouiraient, mais la perte de vies humaines empêcherait bien évidemment toute célébration.
Finalement, dans l'éventualité d'un acte terroriste à Sotchi, cela porterait ombrage au tout puissant CIO. Cependant, comme celui-ci a comme terrain de jeu la planète entière et que «the show must go on», cette défaite n'en serait que temporaire et il n'en tirerait probablement pas une leçon durable. Les Jeux Olympiques, ne l'oublions pas, sont devenus une créature financière gigantesque qui servent les prestigieux membres du CIO, les puissants commanditaires et la gloire politique des dirigeants des pays qui les accueillent.
René Lavoie, Québec