Soins déficients

En manque de psychiatres, la toute puissante bureaucratie du réseau de la santé veut fermer les lits et l’unité psychiatrique de l’hôpital du Saint-Sacrement. Ils disent vouloir «permettre une meilleure offre de services dans la communauté, basée sur les meilleures pratiques».

En réalité, on demande au communautaire de prendre le relais et de pallier aux faiblesses d’une unité spécialisée dans un hôpital de proximité. Comme si on était en recherche d’excellence, alors que l’on tente de gérer une situation de moindre mal.

Je connais l’histoire d’un homme de 32 ans, dépressif, en congé de maladie et bourré de médicaments qui ne lui étaient d’aucun secours. Un après-midi de juin, il vient voir sa mère, avant d’aller rencontrer son médecin de famille, et lui demande si elle viendra le voir à l’hôpital, le lendemain. Cet homme, c’était mon fils. Après avoir vu son médecin, il revient voir sa mère et lui dit qu’il n’ira pas à l’hôpital, mais qu’il me rencontrera le lendemain, pour dîner avec moi. Il était serein; il avait pris sa décision, mais nous ne le savions pas.

J’ai revu mon fils le lendemain, vers 11h30. Il était à l’hôpital du Saint-Sacrement. Il s’était suicidé. Je suis certain que si Éric était encore en vie, il ne serait pas d’accord avec cette fermeture de lits.

Serge Parent, Québec