Soins de fin de vie en CHSLD

En réaction au texte «Accès aux soins palliatifs dans les CHSLD: inquiétant manque de couverture médicale», paru le 19 janvier.

Offrir en suffisance et en qualité des soins palliatifs en CHSLD, c’est fort bien et espéré. Cependant, il y a mieux, beaucoup mieux. C’est d’offrir les soins de fin de vie au complet. Ce sera aux usagers d’exercer leur libre-choix, source de leur dignité. Soit accepter ou refuser les soins, ne demandant que des médicaments contre la douleur efficaces même si cela devait hâter le moment de leur mort. Soit opter pour les soins de confort/Soins palliatifs. Soit arrêter tout traitement, tout médicament, toute alimentation/nutrition et demander la sédation palliative continue (terminale). Soit demander l’aide médicale à mourir. Et tout cela, et surtout, en demeurant dans leurs CHSLD ou dans leurs milieux de soins. Transférer ne doit plus être une option.

«La Commission sur les soins de fin de vie dit partager les préoccupations de l’Association québécoise des soins palliatifs (AQSP) et de la Société québécoise des médecins en soins palliatifs (SQMDSP), qui s’inquiètent d’un manque d’efforts et de ressources pour rendre accessibles des soins palliatifs de qualité dans tous les CHSLD.» Que la Commission accueille leurs préoccupations nous réjouit.

Cependant, un fait inquiète et interroge. Les médecins cités dans cet article ont déjà signé le manifeste du Collectif des médecins contre l’euthanasie. C’est comme si ces deux groupes rêvent encore à ceci : plus il y aura des soins palliatifs et de qualité en plus, moins il y aura des demandes d’aide médicale à mourir, même il n’y en aura peut-être plus. Ce n’est pas et ne sera pas la réalité.

Je suis certain que la Commission accueillera avec une certaine et avec une sage distance les préoccupations de ces deux organismes. Autre fait. Les organisateurs du colloque de l’AQSP n’invitent pas les professionnels pro-choix incluant l’AMM; ils les évitent encore. À tord. Triste, en ce temps d’ouverture. En ce temps de l’univers des Soins de fin de vie. Troublant, car en cohérence avec la Loi sur les soins de fin de vie, avec la Commission sur les soins de fin de vie et, je l’espère bientôt, avec la Politique québécoise sur les soins de fin de vie.

Que seul prime l’intérêt de chaque personne éclairée et libre en fin de vie et à la fin de sa vie!

Yvon Bureau,
Québec