«SLAV» ou la fin de l’altruisme

Le Festival international de jazz de Montréal a cédé aux pressions en annulant le spectacle SLAV de Robert Lepage parce que la chanteuse principale et le metteur en scène sont des Blancs.

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Pourtant, sur le site du Festival, on pouvait lire que ce spectacle avait pour but de «rendre hommage à la force de résilience, à la dignité et à la beauté des esclaves africains déportés en Amérique.»

Devons-nous conclure que seuls les Noirs peuvent lutter contre le racisme envers les Noirs?

Selon la même «logique», les hommes ne pourraient plus se déclarer féministes, et les hétérosexuels ne devraient plus apporter leur support aux gens des communautés LGBT+.

Le terme à la mode est le suivant : appropriation culturelle. Cela veut dire qu’on ne devrait pas s’approprier les enjeux des autres communautés.

Un spectacle qui dénonce le racisme et qui glorifie la force des Noirs malgré l’esclavagisme correspond-il à une forme d’appropriation ou à l’expression d’une solidarité humaine?

Nous devrions travailler ensemble, plutôt que séparément, pour combattre les injustices.

Le concept d’appropriation culturelle est-il une conséquence de l’individualisme exacerbé et de l’égocentrisme de notre époque?

J’ai l’impression qu’on me demande de ne plus faire preuve d’altruisme envers mon prochain...

David Doyon, Québec