Ségrégation bien réelle

À travers le joyeux chahut de la rentrée des classes, les médias dressent une longue liste des problèmes qui affligent le système d'éducation. Des frais abusifs aux enseignants introuvables en passant par le manque de locaux. Ces problèmes, bien réels, occultent une fois encore l'enjeu fondamental qui déséquilibre l'école québécoise : la ségrégation scolaire.
Avec un taux de ségrégation d'au moins 41 % (21 % d'enfants au privé subventionné et au moins 20 % dans les projets particuliers sélectifs), le Québec a le système scolaire le plus inéquitable au Canada selon le Conseil supérieur de l'éducation du Québec. Le départ des enfants les plus performants laisse la classe ordinaire exsangue, ceux qui restent derrière n'ayant personne pour les tirer vers le haut. Pire : passé 10 % de ségrégation, les enfants de la classe écrémée orchestrent une spirale descendante. Pourtant, les élèves qui réussissent bien ont autant de succès dans une classe mixte que s'ils sont regroupés entre eux.
La ségrégation scolaire est un drame pour nos résultats scolaires, nos finances publiques, mais également pour la cohésion sociale du Québec de demain. Il s'agit d'un véritable boulet invisible pour notre société. 
Les solutions sont connues : arrêt du financement de l'école privée par les contribuables et fin de la sélection scolaire. Du proche Ontario à la lointaine Finlande, des modèles d'«école ensemble» existent et ne demandent qu'à être adoptés ici. Osons parler franchement de notre système d'éducation et délestons-nous de ce boulet.
Lorraine Pagé, ex-présidente de la Centrale de l'enseignement du Québec, Sault-au-Récollet
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Dixit incendiaire
Les sorties pathétiquement emphatiques et boiteuses du vindicatif maire de Québec sont de nature à attiser un feu roulant de réactions revanchardes. Dans ses réactions enflammées reliées à la violence et à la criminalité gratuites ou non, ses attaques attisent nombre des torches incendiaires de l'hostilité et des vendettas que se mettent sous la dent les agents multiplicateurs que sont les médias sensationnalistes. 
Chef de la meute politique qui gouverne l'État-Cité du Québec, Régis Labeaume aurait avantage à mettre de l'eau dans son vin plutôt que le contraire. Garante de mesure et d'équilibre, la modération a toujours eu et aura toujours meilleur goût.
Gerry Pagé, Québec