Se souhaiter du Jean Charest pour 2020?

La rumeur se fait de plus en plus persistante, dirait-on. Les caricaturistes de nos journaux salivent déjà devant la perspective de voir Jean Charest reprendre du service dans l’arène politique. Voilà qu’un bon nombre de chroniqueurs se sont déjà prononcés en bien ou en mal devant l’éventualité que Jean Charest puisse briguer la chefferie du Parti conservateur du Canada. On arrive même à tenter de nous rappeler que Charest fut un politicien zélé, une bête politique et un débatteur hors pair. À ne pas négliger. Ouf! Tiens donc, mais moi, je ne l’avais pas remarqué tant que cela, désolé. 

Mais bon, voilà qu’on annonce le retour de l’enfant prodigue sur les bancs du Parlement d’Ottawa. Voilà qu’il semble renaître, le divin Enfant, le petit saint Jean Baptiste aux cheveux bouclés made in Sherbrooke.

Comme je suis bon spectateur, je me dis : pourquoi pas! Devant un Justin apathique, manquant de mordant et de lyrisme, Charest ferait l’effet d’une bombe et serait un adversaire coriace presque insoutenable. Usant pour ce faire d’un bilinguisme parfait et vorace, qui plus est.

Et puis ne verrait-on pas jaillir une Sainte Trinité francophone au Parlement, avec Yves-­François Blanchet du Bloc, Jean Charest du PCC et Justin du PLC, quoique pour ce dernier on se demande souvent s’il n’est pas plus anglophone que francophone, s’exprimant d’ailleurs mieux en anglais qu’en français.

Alors, dans ce contexte, on peut peut-être se souhaiter du Jean Charest pour 2020, mais à Ottawa, assez loin du Québec et assez loin de nous.

Yvan Giguère

Saguenay