La ministre des Relations internationales, Christine Saint Pierre.

Sauver l'AIEQ pour faire rayonner le Québec

À la ministre Christine St-Pierre
On dit que vous vous opposeriez à la volonté de votre gouvernement de saboter l'Association internationale des études québécoises (AIEQ). Si tel est le cas, je vous encourage à tenir cette position.
Au contraire de cette décision gouvernementale annoncée, il faudrait redonner à l'AIEQ les montants coupés ces dernières années. Avec peu de moyens, cette association dirigée par Robert Laliberté rayonne dans le monde, partout où des universités et de grandes écoles s'intéressent à la littérature ainsi qu'aux études québécoises. En témoigne l'actuel président du conseil d'administration, un collègue de l'Université libre de Bruxelles (ULB) qui, lui-même, succède à une collègue française, elle-même ayant succédé à un collègue allemand, cela témoignant du rayonnement de nos lettres et de notre culture dans une centaine d'institutions internationales de haut savoir!
Pourrait-on expliquer à des hauts responsables décisionnels de votre gouvernement qui carburent au tout économique que l'on commerce d'autant mieux avec d'autres États que l'on connait leur histoire, leur culture, leur littérature. Couper dans un petit budget de promotion, soutenu à titre gratuit par plusieurs dizaines d'universitaires à travers les cinq continents, c'est faire montre d'un mauvais calcul financier! En coupant le maigre financement d'un tel organisme de promotion du Québec culturel, on abolit tout un réseau de personnes qui sont autant de démultiplicateurs de notre existence et de notre identité dans le monde.
Vous n'ignorez pas, madame la ministre, que certaines personnes prétendent même que cette décision gouvernementale concernant l'AIEQ est idéologique et vise à vassaliser le Québec dans le Canada. Ceux-là évoquent alors la menace de fermeture d'un certain nombre de délégations du Québec dans le monde qui a circulé à l'automne 2014. Vous réagirez assurément à contre-courant de cette prétention, mais vous serez d'autant plus crédible à leurs yeux que vous saurez continuer de vous opposer à la mise en veilleuse de notre rayonnement international. C'est donc dire que nous comptons sur vous pour que l'AIEQ continue de rayonner, ce qui ne peut que venir renforcer des échanges économiques internationaux fondés sur la connaissance mutuelle d'États à États.
André Gaulin, professeur de l'Université Laval et ex-député de l'Assemblée nationale
Québec