Sans voix

Les politologues et notre gouvernement canadien pérorent sur un mode de scrutin où de prime abord se trouvent la stabilité des gouvernements et le pouvoir sans partage. Pendant ce temps, comme citoyenne, je ne me reconnais pas dans ces gouvernants.
Comme femme, je ne suis pas représentée à la juste mesure de ma présence dans notre société. Comme électrice, ma voix ne compte pas. Les partis pour lesquels je vote n'ont pas la représentation en chambre qui leur revient. 
Invitée dernièrement par le gouvernement libéral canadien à exprimer mon point de vue comme citoyenne sur le mode de scrutin, je m'y suis rendue avec l'espoir que ma parole me donne un peu de pouvoir. Comme moi, plusieurs ont cru que leur parole porterait dans cette réflexion publique.
Une majorité des personnes présentes ont signalé leur désir pour un modèle de type proportionnel, un mode de scrutin qui permettrait à chacun des partis de recevoir un nombre de sièges proportionnel à l'appui populaire reçu et offrirait aux femmes une représentation équitable.
Malgré la promesse du parti libéral de renouveler le mode de scrutin, monsieur le premier ministre Trudeau et madame la ministre Moncef font la sourde oreille. Ils ne veulent pas nous entendre et farfinent avec l'écho populaire. Je suis sans voix.
Marie-Claude Bertrand, Montréal