Le Soleil a été informé que seules les mesures provenant des stations d'échantillonnage extérieures au Port de Québec seront communiquées au public.

Retour du dialogue

Le Port de Québec chercherait à rétablir le dialogue avec la population, lit-on dans Le Devoir du 9 janvier. À cette fin, le Port annonçait cette semaine qu'il compte soumettre ses projets futurs à un nouveau processus d'évaluation environnemental formalisé, novateur et ambitieux. Aussi s'engage-t-il à informer les citoyens et à prendre en compte leurs commentaires. Or, ce que ne semble pas comprendre le Port de Québec, c'est que cette façon d'envisager ses relations avec les citoyens est inefficace, voire obsolète. Elle s'inscrit dans un modèle sévèrement critiqué dans les champs de recherche qui s'intéressent à la gestion des controverses sociales et scientifiques. Ce modèle, dit «du déficit», est caractérisé par les idées selon lesquelles les citoyens doivent être éduqués (ou informés), n'ont pas les capacités de comprendre des enjeux scientifiques, sociaux et économiques complexes et enfin, sont généralement dépourvus de moyens de produire des savoirs scientifiquement pertinents. Je doute du succès qu'aura le Port de Québec à rétablir le dialogue avec les citoyens concernés par la présence de poussière métallique dans leur environnement s'il s'en tient à une vision aussi réductrice de la population. D'autant plus qu'il se trouve dans une situation difficile, ayant avoué qu'il connaissait les études déposées au comité de vigilance par le groupe citoyen Vigilance Port de Québec à la dernière rencontre du Comité de vigilance des activités portuaires mais ne les jugeaient pas pertinentes dans les contexte actuel (Le Soleil, 5 janvier). Si le Port de Québec souhaite renouer avec les personnes concernées par les impacts de ses activités, il doit cesser de concevoir les citoyens comme des interlocuteurs déficitaires, mobiliser un modèle d'interactions avec les citoyens plus symétrique (celui de la co-production de savoir, par exemple) et mettre en branle le mécanisme formalisé, novateur et ambitieux d'évaluation des effets environnementaux annoncé le 8 janvier.
Le Port de Québec chercherait à rétablir le dialogue avec la population, lit-on dans Le Devoir du 9 janvier. À cette fin, le Port annonçait cette semaine qu'il compte soumettre ses projets futurs à un nouveau processus d'évaluation environnemental formalisé, novateur et ambitieux. Aussi s'engage-t-il à informer les citoyens et à prendre en compte leurs commentaires. Or, ce que ne semble pas comprendre le Port de Québec, c'est que cette façon d'envisager ses relations avec les citoyens est inefficace, voire obsolète. Elle s'inscrit dans un modèle sévèrement critiqué dans les champs de recherche qui s'intéressent à la gestion des controverses sociales et scientifiques. Ce modèle, dit «du déficit», est caractérisé par les idées selon lesquelles les citoyens doivent être éduqués (ou informés), n'ont pas les capacités de comprendre des enjeux scientifiques, sociaux et économiques complexes et enfin, sont généralement dépourvus de moyens de produire des savoirs scientifiquement pertinents. Je doute du succès qu'aura le Port de Québec à rétablir le dialogue avec les citoyens concernés par la présence de poussière métallique dans leur environnement s'il s'en tient à une vision aussi réductrice de la population. D'autant plus qu'il se trouve dans une situation difficile, ayant avoué qu'il connaissait les études déposées au comité de vigilance par le groupe citoyen Vigilance Port de Québec à la dernière rencontre du Comité de vigilance des activités portuaires mais ne les jugeaient pas pertinentes dans les contexte actuel (Le Soleil, 5 janvier). Si le Port de Québec souhaite renouer avec les personnes concernées par les impacts de ses activités, il doit cesser de concevoir les citoyens comme des interlocuteurs déficitaires, mobiliser un modèle d'interactions avec les citoyens plus symétrique (celui de la co-production de savoir, par exemple) et mettre en branle le mécanisme formalisé, novateur et ambitieux d'évaluation des effets environnementaux annoncé le 8 janvier.
Chantal Pouliot, professeure agrégée
Didactique des sciences, Université Laval
Québec