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Reprenons le contrôle du Port de Québec

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
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Récemment, lors d’une soirée citoyenne sur le projet Laurentia, un citoyen a demandé: «Est-ce que la Ville a le pouvoir d’arrêter le Projet Laurentia?» La réponse courte, d’un point de vue strictement légal, c’est non. Bien qu’évidemment l’opinion de Régis Labeaume pèse dans la balance, lui qui s’entête à appuyer Laurentia malgré l’opposition citoyenne.

Toutefois, aussi étrange que cela puisse paraitre, le port de Québec n’est redevable ni à la population de la ville dans laquelle il opère, ni à la Ville de Québec, ni même au gouvernement du Québec. Quand j’ai commencé à m’impliquer à SOS Port de Québec il y a huit ans, c’est ce qui m’a marquée: le manque d’imputabilité du Port de Québec.

Le Port est une entreprise fédérale régie par la Loi maritime et il est au service de l’industrie canadienne. Ses activités sont gérées par un conseil d’administration de sept membres. Cinq d’entre eux sont nommés par le ministre des Transports fédéral, un par le gouvernement du Québec et un par la Ville de Québec.

La Ville peut choisir cette personne à sa guise. Selon la loi, elle ne peut ni être élue, ni travailler dans l’administration municipale. La Ville nomme donc une personne sur laquelle elle n’a ultimement aucune autorité. Le mandat du conseil d’administration n’est pas le bien-être et la prospérité de sa communauté. Non… son mandat est de «promouvoir la vitalité des ports dans le but de contribuer à la compétitivité, la croissance et la prospérité économique du Canada». L’affairisme du mandat est limpide. C’est Me Olga Farman, associée du puissant cabinet d’avocats Norton Rose Fullbright, qui a été choisie par la Ville pour siéger au conseil d’administration du Port.

Nommée par une résolution du conseil municipal le 20 juin dernier, Mme Farman ne semble pas avoir de compte à rendre, ni de citoyens et citoyennes à représenter. La Loi maritime ne contient d’ailleurs aucune considération pour les droits, le bien-être ou la prospérité des citoyennes et citoyens qui habitent autour d’un port. Aucune mention de la protection de l’environnement. Ce n’est pas un hasard, c’est un choix délibéré.

La Loi maritime a été conçue par l’État canadien pour placer les intérêts économiques des grandes industries au-dessus de ceux de la population. Tant qu’il sera sous l’autorité du gouvernement fédéral, tant que les décisions qui nous concernent seront prises à des centaines de kilomètres de chez nous à Ottawa et tant que l’unique but sera le profit, le Port de Québec posera toujours problème.

Alors, bien sûr, nous devons mener le combat contre Laurentia et le gagner. Mais plus que ça, il faut se questionner sur cette infrastructure qui devrait servir les citoyennes et citoyens de la Ville de Québec, plutôt que les intérêts des multinationales.

Chez Transition Québec, nous savons que nous devons reprendre le contrôle de notre port si nous voulons que la population soit entendue.

Jackie Smith, cheffe de Transition Québec