Rentabilité hypothéquée

Bientôt se tiendra à Paris la conférence sur le climat où le monde est convié à se donner de nouvelles cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Le Canada y sera très bien représenté par notre nouveau premier ministre Justin Trudeau accompagné de premiers ministres des provinces et, fort probablement, d'une brochette de spécialistes.
Cependant, dans mon esprit, la réalisation de tout projet de réduction des GES et, dans un sens plus large, de tout projet d'efficacité énergétique, doit être rentable sans quoi il y a gaspillage de ressources qui pourraient être utilisées plus effacement. Hors, dans le contexte actuel de bas prix du pétrole et du gaz naturel, la rentabilité des projets de réduction de consommation de produits pétrolier ou gazier s'en trouve lourdement hypothéquée, ce qui peut nuire à l'atteinte des objectifs de réductions de GES qui seront déterminés à la conférence de Paris. Où, encore, les cibles seront plus faibles afin de pouvoir être atteintes économiquement et le climat en sera alors affecté avec les conséquences qu'on connaît.
À mon avis, les intervenants à cette conférence devraient se pencher sur la problématique du faible prix du pétrole et du gaz naturel et déterminer des critères de rentabilité que ce soit en termes de période de retour sur l'investissement (PRI) ou, ce qui est plus opportun dans un contexte de développement durable et de vue à long terme, de taux de rendement sur l'investissement (TRI) ou de valeur actualisée nette (VAN). De plus, la valorisation des bourses de carbone pourrait permettre de rentabiliser des projets qui ne le seraient pas autrement.
Daniel Guilbault ing., Saint-Augustin-de-Desmaures