Le «Péladeau nouveau» qu'on a vu à la tête du PQ ces derniers jours n'est pas l'homme d'affaires intransigeant et colérique qu'on a connu dans les dernières années. C'est un personnage encadré par une équipe de conseillers , qui chercheront à lui éviter des faux pas.

Réinventer l'autonomie provinciale

M. Péladeau dépassera, semble-t-il, la stratégie stagnante des anciens chefs péquistes. Il imprimera, sans doute, un élan de véritable mobilisation. C'est le peuple qui demeure le vrai juge d'une action politique porteuse de progrès mesurable. Le fameux vox populi s'actualise ainsi. Il y a longtemps, l'Union nationale de Maurice Duplessis s'articulait dans la revendication incessante de pouvoirs relevant du niveau provincial. C'était la mise en évidence de l'autonomie provinciale; une politique visant à contrer l'empiètement du fédéral. Une dynamique éreintante de défense de tous les droits du Québec. Un «savoir gouverner» fait de souplesse et de fermeté. Les Lesage, Daniel Johnson (père) et même Robert Bourassa se sont inspirés de ce style revendicateur. Le PQ est l'expression d'une ultime exaspération d'une autonomie sans perspective. Le fédéralisme flexible ou asymétrique prolonge une harmonie constitutionnelle artificielle.
M. Péladeau transformera cette autonomie en indépendance. Les frustrations, les hésitations, la tolérance ont des limites. Tout le monde le sait, mais encore faut-il l'audace de la rupture calculée et gagnante. C'est l'attente de la recette Péladeau. C'est un peu beaucoup l'héritage de feu Maurice Duplessis.
Douglas Beauchamp
Québec