Refus global de ces pollutions sonores qui étouffent le silence

Répondant aux besoins de certain.e.s pour qui le bruit d’un moteur constitue un nirvana sensuel, l’industrie du «vroum vroum» multiplie les prototypes créateurs de pollution sonore. Le silence serait-il devenu une anomalie qu’il faut enterrer sous un vacarme tonitruant?

Le champion du bruit est sans contredit la moto dont les pétarades agressantes accentuent l’exaspération des plus patients. Sous le couvert d’un droit individuel autoproclamé, les adeptes de cette machine infernale se fichent éperdument des dérangements et désagréments qu’ils causent auprès d’une population impuissante qui doit renoncer à une quiétude dont elle a droit.

Face à ce problème, les élus municipaux font la sourde oreille et sous-traitent leur responsabilité auprès des autorités policières qui mesurent trop peu souvent les décibels provenant des pots d’échappement des bolides pollueurs. Pourtant, il est officiellement interdit de circuler avec un véhicule dont le silencieux modifié est créateur de bruit non prévu par le fabricant. La limite des décibels ne doit pas dépasser les 100 dB. En cas d’infractions, des amendes allant jusqu’à 300 $ peuvent être imposées aux contrevenants. À ce propos, une invitation spéciale est faite auprès de la Sûreté du Québec pour que ses agents viennent contrôler le bruit des motos sur la route 138 dans la région de Portneuf pendant une fin de semaine ensoleillée.

Désormais, la fatalité du bruit fait-elle tellement partie de notre vie, qu’elle s’infiltre de plus en plus dans le cœur de nos sociétés? Si oui, l’être humain serait-il en train de perdre cet accès au silence qui est le moteur essentiel de son équilibre existentiel?

Marcel Perron, Neuville