Réfugiés: un blocus désolant

Les ministères de l'Immigration du Canada et du Québec ont publié lundi dernier des communiqués indiquant une suspension illimitée du parrainage privé de réfugiés syriens. La raison invoquée : la machine administrative est engorgée, il faudra des mois, sinon des années, avant de la débloquer.
C'est désolant et déprimant : on a l'impression que la paperasse administrative passe avant les humains. Des millions de familles souffrent présentement d'avoir dû quitter leur pays pour s'entasser dans les pays limitrophes, en des conditions matérielles et sociales affligeantes. Nous en avons accueilli quelques milliers. Dans leur effort touchant d'intégration à la société québécoise, elles cherchent par tous les moyens de réunifier leur grande famille laissée derrière. 
Nous, des comités de parrainage, les accompagnons en cette démarche, forts de la générosité impressionnante de nos communautés locales. De tels communiqués ministériels brisent l'espoir de nos familles, les dépriment littéralement, et nous aussi avec eux. Autant nous pouvons admettre avec réalisme les limites financières et sociales de notre capacité d'accueil et d'intégration, et discerner le possible, autant nous sommes indignés et déçus des raisons invoquées pour ainsi fermer la porte de notre pays.
Louis-Marie Asselin, Québec
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On a grand besoin d'un maire
Le capharnaüm des Nordiques, les référendums citoyens, le tramway, le marché du Vieux-Port, le déneigement, entre autres, sont les réalités d'un quotidien qui s'alourdit sans cesse et pèse sur l'humeur des citoyens de la capitale nationale. C'est de jour en jour que la liste s'allonge de tout ce dont Régis Labeaume ne veut plus entendre parler, alors qu'il placarde Québec aux fins d'un exhibitionnisme touristique de carte postale. Régis Labeaume ne semble priser que les pouvoirs que lui confère la provinciale reconnaissance statuesque de la capitale nationale, cette cité-État de ses rêves, ce phare dont il se croit propriétaire.
Ce dont les citoyens de la ville de Québec ont le plus pressant besoin, ce n'est pas d'un auguste souverain et encore moins d'un pompeux pharaon. C'est d'un maire qui ne doit pas se permettre d'oublier qu'il est totalement redevable à la population citoyenne qui l'a élu et qui s'attend à être écoutée, considérée et respectée, en son titre et privilège d'employeur-payeur.
Gerry Pagé, Québec