Référendums et démocratie

Rappelons les deux étapes nécessaires pour la tenue d'un référendum citoyen : la première étant de recueillir la signature de 10 % des électeurs inscrits dans un secteur particulier. Rien de bien facile, dans les faits.
La deuxième consiste en la tenue d'un référendum auprès de l'ensemble des citoyens concernés. La démocratie s'exerce ainsi, c'est la majorité qui l'emporte. Rappelons que monsieur Labeaume, étant donné le taux de participation aux élections, n'a obtenu que 42,5 % d'appui de la population.
D'autre part, on nous lance de la poudre aux yeux en prétendant consulter la population au moyen d'assemblées de consultation ou de conseils de quartier. Lors du processus de consultation menant à l'adoption des différents programmes particuliers d'urbanisme (PPU) de Sainte-Foy, la Ville s'était moquée de la population à deux reprises : d'abord en n'informant pas la population qu'en participant à l'adoption dudit PPU, elle perdrait le droit au référendum lors des modifications au règlement de zonage subséquentes; ensuite en rejetant la recommandation d'un maximum de 12 étages (48 mètres) de hauteur.
Le conseil municipal a plutôt voté un maximum de 29 étages (110 mètres). Dans le fameux projet Le Phare, il y aurait la construction de deux tours de 45 et 65 étages respectivement (180 à 260 mètres)! Dépouiller ainsi les citoyens du droit à un référendum sur un des projets pouvant altérer la qualité de vie de leur milieu de vie est assez méprisant. Le mépris n'aura qu'un temps.
Henry Jenkins, Québec
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Je ne vois plus ma femme
Je suis un père de famille de quatre enfants et ma conjointe est infirmière depuis 20 ans. Elle fait souvent des semaines de neuf jours consécutifs et malgré cet horaire de fou, on lui impose des heures supplémentaires. La restructuration du ministre Barrette oblige les infirmières à se déplacer pour compléter leur semaine de travail. Donc, je ne vois plus ma femme. Elle se fait souvent demander par ses patients «Dors-tu ici?». Parfois, elle se rend au travail même malade car elle ne veut pas obliger une autre infirmière à se retrouver devant des heures supplémentaires obligatoires. Elle se sent coupable. Elle songe des fois à quitter sa profession en raison de l'augmentation de la surcharge de travail et parce qu'elle craint les risques d'erreurs médicales.
Quant à moi, je vois que tout ceci ouvre la porte au privé. Mais si toutes les infirmières passionnées quittent leur métier, qui nous soignera lorsque nous serons malades? 
Guy Sénéchal, Rivière-du-Loup
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Oui à l'étranger
En ce 29 janvier, Québec, la toute blanche, a perdu sa virginité non par un acte d'amour mais par un viol.
Non à ce geste insensé. Non à cette action raciste. Non à ce sentiment d'insécurité engendré.
Parce que nous n'avons pas peur. Parce que cette ville est une terre d'accueil. Parce que Québec est libre et tolérante.
Oui nous sommes libres et nous n'avons pas peur, parce que celle-ci paralyse.
Montrer, quel que soit l'âge, que cette peur nous habite, c'est leur donner raison.
Nous disons oui à l'accueil de l'autre avec sa différence de culture, de religion et de mentalité parce qu'il nous ouvre des horizons nouveaux.
Nous disons oui à l'autre exactement parce qu'il est autre que nous et parce qu'il est autre que nous, il est une richesse inestimable.
Non à l'islamophobie. Non au racisme. Oui à l'étranger.
«J'étais un étranger et vous m'avez accueilli chez-vous» (Mathieu 26-31)
Gaston Kirouac, prêtre, Ste-Geneviève de Batiscan