Reconnaître la valeur civique du journalisme

Toute crise financière vécue par les entreprises de presse met essentiellement en péril la valeur civique du journalisme dans une société démocratique. Dans cette circonstance, il s’agit de venir en aide à ces dernières en vue de consolider les assises professionnelles de la pratique du journalisme politique, économique et social. Dans une perspective démocratique, les modalités générales d’une politique publique de reconnaissance de la valeur civique du journalisme au Québec devraient être les suivantes :

1-Un Fonds des médias civiques sera créé par le gouvernement du Québec afin de leur venir en aide;

2-Le statut d’organisme à but non lucratif (OBNL) adopté il y a quelque temps par le journal La Presse sera celui de toute entreprise de presse qui voudra obtenir un financement provenant du Fonds des médias qualifiés de «civiques» en raison de ce statut;

3-Une taxe appelée «taxe civique» sera créée pour la soutenir à la façon d’une taxe santé, laquelle alimentera le Fonds des médias civiques;

4-La «taxe civique» sera remboursée aux contribuables qui attesteront d’un abonnement annuel à un journal au statut d’OBNL;

5-Le remboursement de la «taxe civique» aux contribuables en raison d’un tel abonnement incitera quand même le gouvernement à remettre le montant exempté au Fonds des médias civiques;

6-Une éthicienne publique ou un éthicien public à la protection de la liberté de l’information de presse (ou qualifié.e selon le néologisme CIVISTE), élu.e par l’Assemblée nationale aux deux tiers de ses membres, administrera le Fonds des médias civiques.

Une politique publique de reconnaissance de la valeur civique du journalisme repose sur le principe que toute citoyenne québécoise et tout citoyen québécois a la responsabilité de veiller à la bonne santé financière des médias civiques. Cette condition financière est indispensable pour que les informations publiques qu’ils ont le devoir de diffuser servent la vie démocratique de la société.

Jacques Rivet, Ph. D.

Professeur titulaire, Département d’information et de communication, Université Laval