Réalité subjective à la CAQ

Décidément, la Coalition avenir Québec n’a pas l’étoffe d’une organisation qui aspire à gouverner le Québec. Plutôt que de faire des propositions considérant le réel état de fait et les réels problèmes nous affligeant ou le feront sous peu, la CAQ propose des mesures populistes faisant appel à la réalité subjective que partagent plusieurs Québécois, niant la réalité appuyée sur des faits probants.

Cette mentalité qui suggère de s’adapter au gré de l’opinion a entre autres été démontrée par la récente censure que subissent certains pans du programme électoral de la CAQ, tout comme la négation pure et simple de l’enjeu préoccupant de la pénurie de main-d’œuvre, qui risque de s’amplifier dans les prochaines années. On propose la coupe de 5000 postes au sein de la fonction publique, alors qu’il fut démontré que celle-ci devait engager 15 000 nouveaux serviteurs publics pour maintenir sa fonctionnalité et la qualité de son travail. La Coalition de M. Legault renchérit maintenant en désirant réduire l’admission d’immigrants, quand l’immigration est pourtant entre autres devenue essentielle pour le développement de plusieurs secteurs économiques de nos régions.

L’immigration n’est certes pas la panacée pour l’atténuation de la pénurie de main-d’œuvre, mais elle représente certainement une clé.

Bien sûr, les fonctionnaires ont toujours été taxés d’être des bureaucrates peu travaillants et l’immigration, méconnue et souvent sous le joug des préjugés, provoque un certain malaise chez la moyenne des Québécois.

La Coalition mise ainsi sur l’opinion infondée et l’émotion plutôt que sur les faits et l’ouverture pour se faire élire, ce qui témoigne déjà de la qualité d’un futur gouvernement caquiste. Les gouvernements présentant des politiques publiques s’appuyant sur l’opinion et niant par le fait même la réalité n’ont jamais su aider à la construction d’une société. L’Histoire nous l’a prouvé et l’ère contemporaine continue de le faire.

Décidément, la CAQ n’aura pas mon appui.

Maxime Leblond, étudiant au baccalauréat en science politique
Université Laval

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PRÊT AMICAL OU DETTE POLITIQUE?

Il y a quelques jours, le député Éric Caire, tout penaud, avouait sur la place publique avoir emprunté un montant significatif au maire Loranger. Ce prêt a été fort utile pendant une période difficile. Tant mieux pour lui.

Mais personne ne comprenait trop pourquoi ce grand défenseur du troisième lien, ce pourfendeur des voies réservées qui rêve probablement la nuit d’élargir des autoroutes, s’opposait de manière si virulente au prolongement de l’autoroute de la capitale vers l’ouest. Prolongement qui, doit-on le rappeler, aurait passé drette à travers L’Ancienne-Lorette, fief de son prêteur...

La conclusion s’impose d’elle-même. Non?

Bernard Gilbert
Sainte-Pétronille