«Ce qui me dérange, c'est qu'on les laisse agresser quotidiennement des personnes et des groupes humains», précise Dominique Payette. «Pour une société comme la nôtre, ce n'est pas tolérable.»

Radios parlées et ouverture

Le rapport de la professeure Dominique Payette est l'objet d'une condamnation unanime de la part des animateurs de CHOI-FM, CJMF-FM et CHIK-FM. Bien que certains animateurs et animatrices soient plus modéré(es), l'anathème est jetée sur Madame Payette.
Mercredi midi, certains animateurs de radios parlées ont dit favoriser l'ouverture sur autrui et sur toutes les idéologies et valeurs. Au fil des quinze dernières années, quelques dizaines d'heures d'écoute m'ont appris que les valeurs prônées par ces radios au plan économique et social sont très conservatrices. Les préceptes de l'Institut Économique de Montréal (IEDM), think tank conservateur, ont valeur de dogmes pour ces animateurs. Un système de santé privé est vanté comme étant la seule solution pour régler les problèmes vécus au sein du réseau public. Au pis aller, un système mixte en attendant la salvatrice privatisation. Les politiques néo-libérales de déréglementation sociale et environnementale, les compressions dans les programmes gouvernementaux, les baisses d'impôts, l'amincissement de la fonction publique sont leurs crédos. Les assistés sociaux sont pour eux une plaie sociale. Les scientifiques qui font la promotion de mesures visant à diminuer les émissions de GES sont dénigrés. Ils sont affectueusement affublés du sobriquet d'«environnementeurs». Dans le monde des radios parlées de Québec, le «climatosceptiscisme» est la manifestation de l'intelligence et de l'ouverture à la sauvegarde de l'écosystème. Barack Obama est qualifié par certains d'entre eux de «socialiste», Justin Trudeau de gauchiste. 
Bien que le rapport de Mme Payette ne soit sûrement pas parfait, il y a une chose que les animateurs de radios polémistes devraient avoir en tête : la force d'une nation est inscrite dans la pluralité des idées et des valeurs. Comme dirait l'autre, l'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.
Robert Poulin, Québec