Québec solitaire

Après l'échec du Lac Meech, monsieur Parizeau, alors chef de l'Opposition à l'Assemblée nationale, a tendu la main à «son» premier ministre, monsieur Robert Bourassa, pour faire avec lui l'indépendance du Québec. Il choisissait alors la patrie plutôt que le pouvoir tout proche. Le grand homme d'État refaisait le même geste noble de désintéressement, en laissant passer devant, monsieur Lucien Bouchard lors du référendum de 1995. «Monsiseur» était un inconditionnel du Québec. La vanité n'était pas son apanage.
Québec solidaire, comme Bourassa hier, refuse la main tendue de monsieur Lisée pour faire, avec ses troupes, le pays québécois. Son refus est même habité chez plusieurs d'une hargne souriante. Un mal de pureté les empêche de faire un bout de route avec le Parti québécois, «ce pelé, ce galeux, d'où nous vient tout (le) mal». Leur refus nous fait mal à l'âme. Comme le dit monsieur Nadeau-Dubois, allez donc expliquer ça au monde. Surtout qu'on pose ce geste de refus le jour de la Fête nationale des Patriotes. Drôle de façon de «planter» leur drapeau!
André Gaulin, Québec