Québec largue les journaux

Les journaux sont enlisés dans une crise qui s’aggrave et menace leur survie. Ottawa et Québec passent à l’action pour leur venir en aide. La ville de Québec a deux quotidiens qui assurent une importante couverture locale, particulièrement Le Soleil qui a recentré sa mission et qui est également le siège social de six quotidiens régionaux. La Ville largue les deux journaux en cessant d’y publier ses avis publics. Elle dit le faire par souci d’efficacité : réduire les délais et les coûts.

Or, les journaux sont des modèles d’efficacité; ils font un nouveau produit tous les jours, souvent avec des nouvelles et des annonces de dernière minute. Un événement se produit en soirée et vous en avez le compte rendu dans votre boîte à lettres à votre réveil le lendemain matin. Je ne suis pas convaincu que tous les services municipaux soient aussi efficaces. Cette mesure permettra d’économiser un gros 150 000 $ par année. Aucune économie ne doit être dédaignée, mais elle doit être appropriée et je crois que l’on pourrait faire beaucoup mieux, dans d’autres postes budgétaires.

En larguant les journaux, la Ville donne aux annonceurs le signal que les journaux ne sont plus nécessaires. Si un important quotidien de Québec devait fermer, le maire ne manquerait pas l’occasion de monter aux barricades pour déplorer la situation. En reconsidérant cette décision, M. Labeaume démontrerait que pour lui, la démocratie municipale est plus importante qu’une économie minime et mal placée. Ce serait un premier pas.

Serge Parent, Québec