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Quand Saint-Valentin rime avec pétrin!

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
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En ce jour de Saint-Valentin, l’Association de Défense des Droits Sociaux de la Rive-Sud dénonce l’application de la notion de vie maritale pour les personnes assistées sociales. Une réalité peu connue, mais qui a de graves conséquences sur plusieurs de nos concitoyen.ne.s.

La notion de vie maritale, c’est quoi? Il s’agit du moment où l’aide sociale considère que deux personnes sont en couple au sens de la Loi. Jusque-là, rien de bien différent de ce que l’on retrouve dans les autres lois au Québec. Par contre, là où le bât blesse du côté de l’aide sociale, c’est que lorsque cette notion est appliquée, le plus souvent après 12 mois de cohabitation, les prestataires font face à d’importantes pertes de revenus. 

En effet, un couple ne reçoit qu’une seule prestation, celle-ci amputée d’environ 25 % de ce que les deux membres recevraient individuellement. Lorsque l’un.e des conjoint.e travaille, il ou elle doit prendre à sa charge l’autre membre du couple, pour qui les prestations seront totalement annulées. Évidemment, cela a des impacts considérables dans la vie des prestataires qui peinent déjà à subvenir à leurs besoins de base : manque d’autonomie, pauvreté, dettes, isolement, solitude, etc.

Nous nous demandons donc: est-ce que les personnes assistées sociales ont droit à l’amour elles aussi? Quand on pense à Sylvie*, qui voit son conjoint seulement les fins de semaine pour ne pas perdre son droit à l’aide sociale et son autonomie malgré 8 ans d’amour. 

Quand on pense à Jocelyn*, qui doit 36 000 $ au ministère parce qu’on a considéré qu’il était en couple avec son coloc depuis 2016, et qui devra mener une longue bataille contre l’aide sociale, parce que le fardeau de la preuve est porté par les prestataires. 

Quand on pense à Sarah*, qui fréquente une personne qui travaille en redoutant le moment où elle devra l’informer que si elles déménagent ensemble, elle sera à sa charge complète après 12 mois de cohabitation. 

Finalement, quand on pense à Lucie*, qui vit de la violence économique et psychologique depuis qu’elle s’est déclarée en couple et que son conjoint reçoit les prestations dans son compte. Comment quitter lorsqu’on n’a rien? 

Il est clair que non, les personnes assistées sociales n’ont pas le même droit à l’amour que les autres. Plusieurs personnes choisissent même de rester seules afin d’éviter tous ces tracas et démarches administratives. C’est pourquoi, pour mettre fin à l’injustice de l’application de la notion de vie maritale à l’aide sociale, nous revendiquons la mesure suivante: une personne = un chèque, et ce, sans pénalité financière ! 

*Noms fictifs, mais histoires réelles.  

Comité Femmes et pauvreté de l’Association de Défense des Droits Sociaux de la Rive-Sud