Le premier ministre Philippe Couillard

Quand le rêve fédéraliste du premier ministre Couillard devient un cauchemar

Récemment se tenait le congrès des jeunes libéraux «conservateurs» du Québec. Le premier ministre en a profité pour réitérer sa dépendance canadienne, tout en semant la peur d'un Québec indépendant qui, selon lui, serait «viable», mais après des «années de souffrances et de difficultés économiques et financières». Paradoxalement, son gouvernement n'est-il pas en train de nous faire subir actuellement des années difficiles d'austérité dans un Québec fédéraliste? Il affirme ne pas vouloir «laisser un pouce aux souverainistes». Cependant, son attitude d'attentisme vis-à-vis l'État fédéral n'a-t-elle pas pour effet d'affaiblir le Québec, en créant un fossé entre les partis?
En effet, dans le dossier constitutionnel, M. Couillard est vulnérable, puisque son pouvoir de négociation est nul. Il affirme à tout venant sa foi fédéraliste inconditionnelle. Malgré sa liste d'épicerie qu'il présente aux différents partis fédéraux et la pertinence de certaines demandes, que peut-il faire face à un non? Il est désarmé et son attitude est désarmante. De plus, ce n'est pas en demandant aux fédéralistes de se prononcer sur «la place du Québec dans le Canada», qu'il renforce sa position de faiblesse. À vouloir se laisser définir par les autres, on perd la capacité de se réaliser soi-même. Philippe Couillard a beau vouloir détruire les aspirations indépendantistes, que nous propose-t-il en retour, si ce n'est le cauchemar du statu quo, et le danger que la reconnaissance distincte du Québec ne sombre dans l'oubli du temps perdu?
Marcel Perron
Neuville