Protéger qui au juste?

Sans surprise, les politiciens et commentateurs ont applaudi à l'annonce du désir du gouvernement d'introduire de nouvelles règles à l'égard des chauffeurs d'Uber «pour protéger le public», et ce, sans même s'interroger sur l'utilité des règles envisagées (ils apprendraient quoi, les chauffeurs d'Uber, pendant 35 heures?). Pourtant, l'introduction de ces règles réduira l'offre de services et en augmentera les coûts.
Le public, que l'on prétend protéger, en sortira le grand perdant. Les seuls gagnants seraient les chauffeurs de taxi qui, comme tous ceux qui bénéficient d'un monopole réglementé, se battent pour le protéger en prétendant vouloir «protéger le public». Le truc fonctionne toujours. Tous les groupes de pression savent qu'il suffit de mettre en jeu la «protection du public» pour faire faire aux politiciens à peu près n'importe quoi. Les monopoles s'enrichissent et le public est de moins en moins bien servi. On le voit avec les médecins. Le public est tellement bien «protégé» par les règles du Collège des médecins qu'il n'est plus capable de se faire soigner. 
Il est grand temps que les gouvernements nous protègent de la «protection du public» et tiennent compte des conséquences des règles qu'ils adoptent (ou qu'ils permettent à d'autres d'adopter) sur la disponibilité et les coûts des services. Le gouvernement doit agir dans l'intérêt public, ce qui est bien plus large et compliqué que la «protection» du public, et surtout qui demande de l'intelligence et du courage.
Pierre Rhéaume, Québec