Prima Donna de la droite?

Nul n’est prophète dans son pays! Pendant qu’ici nos humoristes se moquent allègrement du personnage, Mathieu Bock-Côté est devenu la prima donna de la droite politique française. En effet, le nouvel Hebdo Vraiment lui consacrait en mars un long article, «Le Nouvel idéologue». Un texte qui faisait état de ses nombreux séjours en France en février dernier.

On y apprend qu’il a animé 13 conférences devant des acteurs économiques à Lyon, à l’Institut catholique de Vendée, rencontré des dizaines de journalistes, intellectuels et hommes politiques de droite comme de gauche. Il avait déjà participé en 2014 à des débats dans la revue Le Figaro, mais cette fois c’est comme la consécration reconnue par la famille de la droite française. Le Président du parti Républicain, Laurent Wauquiez, l’a cité comme «un de ses inspirateurs, au même titre que l’écrivain Michel Houellebecq et le philosophe Alain Finkielkraut». Même s’il refuse de le reconnaître, en affirmant «qu’il refuse d’être embrigadé par qui que ce soit», il tout de même participé à des rencontres dans le cadre de la refondation du parti Républicain.

Quant à son dernier ouvrage: Le multiculturalisme comme religion politique, il s’en est vendu à plus de 12000 exemplaires. Soulignons enfin le paradoxe suivant: alors qu’ici on le connaît comme un intellectuel conservateur catastrophiste et amère, là-bas on le voit comme l’incarnation d’un conservatisme version anglo-saxonne optimiste, patient et chaleureux.

Claude Poulin
Québec