Pour que chaque voix compte

La véhémence et l'intransigeance exprimées dans les chroniques et les lettres aux journaux depuis le congrès de Québec solidaire me font douter que les Québécois pourront arriver à adhérer à une dynamique de pluralité de voix pour exiger un mode de scrutin à finalité proportionnelle.
Le mode de scrutin actuel demande que des voix s'élevant, entre autres, pour une plus juste répartition de la richesse ou pour une transition énergétique, causes que leurs partisans peuvent aussi considérer comme urgentes, doivent être bâillonnées et sacrifiées sur l'autel de la cause du nationalisme made in Parti québécois et d'un assaut anti-PLQ. C'est contraire à l'esprit d'une assemblée au sein de laquelle s'exprimerait librement une pluralité de voix avec comme résultat des lois qui reflètent non seulement la volonté d'une véritable majorité, mais aussi l'incorporation de mesures d'avant-garde qui arrivent à susciter le consensus.
Demeurer dans la dynamique politique actuelle pour rénover le mode de scrutin est un non-sens. Tant les partis politiques qui arrivent au pouvoir avec le système actuel que les députés eux-mêmes ont trop à perdre pour être les maîtres d'oeuvre d'un changement de système aussi fondamental. Ça, c'est l'histoire de la réforme du mode de scrutin qui se répète au Canada depuis cent ans et au Québec depuis au moins cinquante ans. 
Le Mouvement pour une démocratie nouvelle, qui devrait porter le flambeau d'un scrutin proportionnel et nourrir les discussions citoyennes sur le changement de culture politique a choisi de demeurer dans le système avec sa stratégie «trans-partisane», oubliant que si la marche du progrès humain aboutit dans des lois et des institutions, c'est suite à de fortes pressions populaires, véritables rapports de force. 
Si les enjeux avancés comme nécessaires à une convergence anti-PLQ ne peuvent plus attendre, il faut par contre trouver une nouvelle voie pour véritablement faire compter chaque voix au Québec.
Line Bonneau, Montréal
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Drôle de bénévolat
Avouons que ça surprend toujours un peu de lire ou d'entendre qu'une personne ayant commis un méfait reçoive comme sentence, des heures de travail «bénévole» à faire dans la communauté. Par respect pour tous ceux et celles qui (par choix) oeuvrent dans le bénévolat, ne serait-ce pas plus approprié d'utiliser les mots travail «non rémunérés»?
Gaétan Fortin Plante, Lévis