Faire bâtir une maison à Beauport ou à Stoneham, c'est le même prix pour les matériaux et la main-d'oeuvre. La différence vient essentiellement du coût du terrain. Y aurait-il moyen de fournir des terrains près des centres-villes à prix abordable? demande l'auteur.

Pour contrer l'étalement urbain

L'ennemi environnemental numéro un, dans la région de Québec, est l'étalement urbain avec ses multiples conséquences. D'un autre côté, le coût est sans doute le principal facteur influençant le choix de la banlieue éloignée par les jeunes couples.
Cela correspond cependant à un calcul à courte vue, car si on compte le coût des déplacements supplémentaires, celui d'une seconde voiture, du temps additionnel (embouteillages compris), etc., tout ça sur le temps d'espérance de vie d'une maison (plus de 100 ans), le bilan est facile à imaginer. 
Toutefois, en général, les familles décident en considérant leur budget à court terme. Il faudrait donc fournir des conditions pour une prise de décision favorisant la ville. Faire bâtir une maison à Beauport ou à Stoneham, c'est le même prix pour les matériaux et la main-d'oeuvre. La différence vient essentiellement du coût du terrain. Y aurait-il moyen de fournir des terrains près des centres-villes à prix abordable? 
Certaines villes et organisations y sont arrivées. Ces dernières, comme des fiducies foncières communautaires (Manuel d'antispéculation immobilière, Écosociété, 2014), font l'acquisition de grandes superficies de terrains bien localisés alors qu'ils ne sont pas trop chers. Ils peuvent ensuite les revendre au cours des années à un prix correspondant au prix payé, plus divers coûts inévitables (inflation, taxes, administration, etc.), mais sans y ajouter de plus-value spéculative. Il est à remarquer que ces opérations peuvent se faire à coût nul pour la ville ou l'organisme. De plus, la présence de ces terrains à coût raisonnable sur le marché établit une concurrence tirant vers le bas le prix d'un grand nombre de transactions. 
Pascal Grenier, simplicitaire, Québec