Pour casser le monopole

En réaction au texte «Lisée accuse Couillard d’avoir cédé devant Air Canada» paru le 4 février

Je suis toujours, hélas, surpris du manque de créativité de nos décideurs devant des situations du genre, alors que des solutions éprouvées existent, et qui présentent le mérite d’être parfaitement crédibles pour être au minimum soumises à un examen attentif quant à leur applicabilité.

M. Labeaume demande de casser le monopole d’Air Canada. Fort bien, mais avec quoi? Pas de réponse. Pascan s’y emploie comme elle peut et avec ce dont elle dispose. C’est héroïque et mérite d’être souligné, mais avec plus ou moins de succès (pour simplifier la chose, mettons de côté les classes de services qui doivent être assurés).

Air Creebec a le mérite de desservir plusieurs localités du Nunavik et de la Baie James avec une flotte d’appareils adaptée aux milieux dits «isolés». En plus, cette firme a été mise sur pied à l’aide d’indemnités versées en vertu de conventions conclues dans le cadre du développement de la région de la Baie-James. Et c’est une compagnie québécoise en plus.

Air Inuit, de son côté, dessert à la fois le Nunavik et le Nunavut. Elle a également été mise sur pied en partie aussi grâce à de tels fonds. C’est une entreprise de classe nationale, le troisième transporteur aérien au pays. Elle aussi possède l’expertise requise, rien qu’à voir son réseau de desserte.

Donc, tant qu’à subventionner des entreprises pour desservir la Côte-Nord, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, pourquoi ne pas favoriser des firmes qui ont l’expertise, l’historique et la crédibilité de le faire, et dont la mise sur pied a pu être rendue possible grâce à des fonds publics? Laissons Air Canada concurrencer Air Transat et Sunwing avec ses propres revenus. Nos régions méritent mieux.

Luc Côté, Québec